Des CEE pour les usines sous crédits carbone, mais pas trop

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(c) 123RF

Rétroactif au premier janvier, le décret qui étend les certificats d’économies d’énergie (CEE) aux installations soumises à quotas d’émission de gaz à effet de serre, déjà bénéficiaires du marché européen ETS*, est paru le 22 septembre**. Une bonne nouvelle pour les opérateurs de CEE, car prometteurs de gisements supplémentaires, dans un secteur qui en manque encore. Mais combien ? Dans une note du 22 février dernier, la Direction générale de l’énergie et du climat ...

évoquait… 40 à 260 TWh, « selon les estimations ». Pour rappel, la période actuelle de collecte des CEE recherche 1 600 TWh d’économies d’énergie cumulées et actualisées. « L’estimation des gisements est toujours très large. Cela dépend notamment de la capacité des acteurs à aller les chercher. Les sites ETS demandent une expertise industrielle et réglementaire fine », fait remarquer une porte-parole de l’opérateur GeopPLC.

En fait, les économies d’énergie pourraient n’être pas si importantes, en tout cas dans un premier temps. C’est la prévision de Natacha Hakwik, directrice générale du spécialiste de l’efficacité énergétique Eqinov. « Même si elles restent à déterminer par un arrêté, les modalités d’exigibilité des installations devraient être complexes, la valorisation économique peu adaptée à l’industrie. En outre, les durées de retour sur investissement et l’obligation de réaliser seulement des opérations spécifiques seront d’importants facteurs limitants. Mais c’est un bon début… ». Cette spécialiste constate que les pouvoirs publics français procèdent souvent ainsi, avec des règles prudentes dans un premier temps, assouplies ensuite, comme le montre l’extension continuelle, depuis 2006, du mécanisme des CEE.  

*Emission trading scheme, système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre

**Journal officiel du 22 septembre