Le parc des points de charge s’étoffe mais peine à atteindre la maturité [Étude]

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(Crédit : Enedis)

Entre 2013 et 2018, le parc des infrastructures de recharge de véhicules électriques (IRVE) a été multiplié par cinq. Une étude du cabinet Coda Stratégies pour la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), l’Ademe et la Direction générale des entreprises (DGE), a recueilli le témoignage de 45 opérateurs de bornes de recharge (soit 2 900 bornes sur le parc complet de 6 700 bornes). Si le parc français s’étoffe, le marché reste émergent et la multiplication des modèles économiques serait un frein à sa maturité.

En 2018, le marché français compte 39 000 véhicules électriques (VE) immatriculés et 13 000 véhicules hybrides rechargeables (VHR), soit 28% de plus par rapport à 2017. Au total, le parc atteint 167 400 VE et 38 700 VHR au 1er janvier 2019 selon Gireve. L’association compte aussi un point de charge pour ...

6,7 VE en moyenne. Elle a donc dépassé l’objectif prévu par l’Union européenne dans son plan Alternative Fuels Infrastructure, soit un point de charge pour 10 véhicules en 2020.

Les collectivités, principaux acteurs des PDC

Les collectivités dominent le marché des points de charge en France : elles ont déployé 70% des bornes de recharge. Parmi elles, 94% ont été financées avec le Plan d’investissement d’avenir (PIA). Les acteurs publics proposent plusieurs moyens de paiement, donnant lieu à des situations fastidieuses : pour les longs trajets, « les utilisateurs interviewés […] n’hésitent pas à se doter d’impressionnantes collections de badges d’origines diverses », note l’étude.

Cliquez pour agrandir © Coda Stratégies

Les opérateurs privés, plus présents sur les autoroutes, ne sont pas en reste avec le développement de corridors autoroutiers (comme Corri-Door et Ionity). L’étude compte « plus d’une dizaine de structures actives sur le marché », parmi lesquelles Izivia et Blue Solutions. Ils « [affichent] un objectif d’équilibre économique global de leur réseau à moyen terme, intégrant la couverture des charges d’amortissement des infrastructures. Dans la phase actuelle toutefois, aucun de ces acteurs n’est encore parvenu à équilibrer son exploitation et les déficits sont très importants. »

Développement et communication

Pour continuer à développer le marché, l’étude préconise de lancer un programme permettant d’installer des bornes à la demande, dans les endroits où les utilisateurs n’ont pas accès à un parking privé. Le texte propose aussi de simplifier le droit pour les copropriétés et les bailleurs sociaux, et de mettre en place des hubs de recharge d’appoint. Il encourage le développement de bornes sur les lieux de travail et les zones d’activité, ainsi que des infrastructures pour les taxis et VTC. Et enjoint les grands acteurs comme l’Avere à communiquer davantage en direction des « utilisateurs finaux, des syndics, ou des investisseurs et bailleurs », pour réduire les préjugés envers la recharge électrique.

Consulter la synthèse de l’étude de Coda Stratégies sur les infrastructures de recharge pour véhicules électriques (ici en PDF) :