Le pionnier du froid alternatif Coldway repris par Sofrigam

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(Crédfit : Coldway)

Article modifié le 12 novembre 2018

Placé en redressement judiciaire en juin dernier, le pionnier du froid alternatif Coldway vient d’être repris par Sofrigam, spécialiste du transport réfrigéré de médicaments. « Pour l’instant, Coldway va rester sur son secteur, le transport en général, ce qui représente une diversification pour Sofrigam. Mais sur le long terme, sa technologie pourrait être utilisée pour nos propres activités », indique Laetitia Perche, directrice marketing de Sofrigam, situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)

Les deux sociétés se connaissent déjà

Fondée en 2001 par deux chercheurs du CNRS de Perpignan – Laurent Rigaud et Francis Kindbeiter -, Coldway commercialise des containers réfrigérés par une réaction chimique entre de l’ammoniac et des sels, un procédé multibreveté ; les caisses restent autonomes pendant 12 à 24 heures et n’ont pas besoin d’une batterie ou d’être reliées à un moteur ou un compresseur. Les 16 salariés de Coldway, basés à Pia (Pyrénées-Orientales) sont ...

tous repris par Sofrigam mais le président, Laurent Rigaud, a quitté une société qu’il a donc portée pendant 17 ans. Cela dit, Sofrifgam et Coldway se connaissent déjà. D’une part parce que le président de la première, Gilles Labranque, était un collègue de Laurent Rigaud au CNRS. De l’autre, parce que Sofrigam a déjà travaillé sur un prototype de container réutilisable sous technologie Coldway.

Livraison en ville

« La priorité est maintenant de stabiliser cette société et de travailler sur les marchés qu’elle connaît bien », explique Laetitia Perche. En particulier la livraison en ville de produits sensibles à la température par des véhicules électriques. Une activité de plus en plus stimulée par les demandes d’Amazon. Il y a un an, Coldway avait conclu un accord avec Ligier pour intégrer trente containers réfrigérés dans de petits utilitaires électriques, en l’occurrence des Pulse 4 Ligier Professiona. Douze véhicules de ce type sont d’ailleurs déjà utilisés à Paris par le livreur de repas à domicile Saveur & Vie, prestataire de la Ville. Mais les commandes de produits de Coldway – un millier a été vendu au fil des ans – n’ont manifestement pas procuré assez de ressources financières. La société annonçait 1,6 M€ de chiffre d’affaires en 2016.

Maintien de la chaîne du froid

L’intérêt de Sofrigam, qui utilise des containers isothermes, des caisses réfrigérantes et des bacs et glacières, est aussi motivé par les futures synergies possibles avec la logistique des médicaments, exposée à une réglementation de plus en plus exigeante. En particulier lors des transferts aériens, qui représentent une part majeure de l’activité. « Cette technologie permet de s’affranchir de la température extérieure et pourrait faciliter la préparation des caisses. Elle peut aussi se révéler intéressante en comparaison des camions réfrigérés, car elle garantit le maintien de la chaîne du froid lorsque les produits sont déchargés », souligne Laetitia Perche.

Capital encore réparti

Sofrigam ne livre pour l’instant pas de détails sur les aspects financiers de l’opération. Le groupe a repris la totalité de la société, selon des précisions apportées lundi 12 novembre.  Depuis sa création, Coldway a levé 16 M€ pour la R&D puis pour la commercialisation de son procédé. En 2013, le fonds Ecotechnologies de l’Ademe, géré par Bpifrance, avait apporté 4 M€, au cours d’un tour de table de 9,3 M€ au total dont 3 M€ fournis par Emertec (Demeter désormais), le solde provenant de CMC-CIC Capital Innovation, Sudinnova et des investisseurs historiques. A l’issue de cette opération, les deux fondateurs avaient conservé 10% du capital et Viveris Management, actionnaire historique, avait réinvesti et ainsi gardé la majorité. Dans le froid mobile, Coldway compte un concurrent à Toulouse, Coldinnov, sur un procédé assez proche qui a notamment été installé au datacenter de Netiwan à Nîmes, construit par Jerlaure.

Créé en 1979, Sofrigam est leader européen de l’emballage réfrigérant dédié au secteur pharmaceutique. Le groupe compte plusieurs sites répartis entre Rueil-Malmaison, Monchy-le-Preux près d’Arras (Pas-de-Calais) et Kingsville (Texas) aux Etats-Unis. Il annonce 18 M€ de chiffre d’affaires sur les trois dernières années dont 90% à l’export.