Engie veut devenir le leader mondial de la géothermie

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(Crédit : MPEI)

Engie a de grandes ambitions dans le secteur de la géothermie. Persuadé de pouvoir capitaliser sur les compétences géologiques de Storengy, sa filiale de stockage souterrain de gaz naturel, le groupe a internalisé les opérations liées à l’expertise sous-sol et au forage. Il ne vise pas moins que devenir leader mondial de la géothermie.

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Esoc prévoit notamment de simplifier le code minier pour libérer des projets bloqués pour des critères de températures insuffisantes. « LA DGEC travaille sur un texte pour simplifier les forages exploratoires. Nous attendons le décret pour la mi-2019 », indique Cécile Prévieu directrice générale de Storengy. La PPE a par ailleurs confirmé l’objectif de 38% de chaleur renouvelable en 2030 et a ajouté une réglementation prévoyant un pourcentage minimum, mais pas encore fixé, dans les constructions neuves. Interrogée sur le bon niveau de ce plancher, Cécile Prévieu a estimé qu’il devra osciller dans un premier temps entre 25 et 50% pour être efficace ».

Les clients visés par Storengy sont des promoteurs, des aménageurs et des intégrateurs d’énergie. L’entreprise se positionne sur les 3 segments de marché que sont la géothermie basse température – couplée à des pompes à chaleur – haute température (100-200 C°) pour les réseaux chaud/froid et très haute température (>200 C°) pour la production d’électricité.

Deux gros projets en Indonésie

Storengy a fait ses premiers pas dans la géothermie en 2013 avec un projet de 48 MW à Arcueil pour le compte de sa maison-mère. En 2018, elle a lancé les travaux pour le projet Plaine Garonne Energies (60 MW) sur la rive droite de Bordeaux, là encore pour Engie, et travaille sur une installation zéro émission, consistant à réinjecter dans le puits le fluide géothermique préalablement extrait en incluant des gaz non condensables. Un accord a été signé en Italie avec Graziella Green Power pour un démonstrateur de 5 MW. Engie compte un portefeuille de projets de 300 MW.

À l’international, le groupe mise sur une croissance du marché de 800 MW par an dans la prochaine décennie. En Europe, outre la France, Engie parie particulièrement sur l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche. Un marché estimé à 500 MW, dont le groupe dirigé par Isabelle Kocher espère capter entre 10 et 15%. Un objectif raisonnable pour un groupe qui veut devenir leader mondial, mais les acteurs sont très éclatés et souvent nationaux », explique Cécile Prévieu.

Storengy regarde de près la Turquie, un marché en pleine croissance mais techniquement difficile en raison de niveaux élevés de CO2 dans l’eau. En Indonésie, Engie réalise la première phase des projets géothermiques de Muara Laboh et Raudau Dedap, d’une capacité de respectivement 80 et 90 MW dans le cadre d’un consortium avec PT Supreme Energy Muara Laboh et PT Supreme Energy Randau Dedap. Le groupe a également obtenu 3 permis d’exploration au Mexique et attend les résultats d’un appel d’offres à la fin de l’année.