Pourquoi l’effacement « vert » est dans une impasse

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(Crédit : Uniper)

La flexibilité et en particulier l’effacement de consommation sont censés faciliter la transition énergétique, en particulier l’intégration des EnR « variables » dans le mix électrique et sur les réseaux. Pour cette raison, la version actuelle de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2018 prévoyait 5 GW de capacités d’effacement cette année. Problème : « Le rendez-vous est manqué. Nous avons 2 034 MW de capacités d’effacement aujourd’hui », regrette Ana Prutean, chef de projet marchés et flexibilité chez BHC Energy, filiale de Total. Le gisement est-il inexistant ou inexploité ? Les mauvais résultats de l’appel d’offres effacement 2018 livrent un début de réponse et démontrent que le modus operandi actuel est à revoir.

Rareté et pollution 

Organisée par RTE, sous l’autorité de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), la procédure proposait 2,2 GW. Mais seuls 849 MW ont été déposés par les opérateurs d’effacement et 733 MW ont été retenus par la DGEC. La quantité n’est donc pas là. La qualité non plus : 45% des effacements sélectionnés sont « gris », ie sont soutenus par des groupes électrogènes, par exemple les solutions de secours des hôpitaux.

Pour RTE, le phénomène s’explique de deux manières : d’une part les capacités interruptibles en cas d’urgence, celles de 21 sites électro-intensifs, ne sont plus éligibles à l’appel d’offres. Une exigence de la Commission européenne, qui ne veut pas que des subventions soient accordées de cette façon aux industriels. Environ 1 500 MW sont ainsi absents de la procédure. Deuxième explication : l’AO a révélé ...

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