AO effacement : seulement 850 MW déposés, 7 lauréats

Print Friendly, PDF & Email
Les mécanismes de valorisation des effacements (Source : RTE)

Seuls 849 MW ont été déposés lors de l’appel d’offres effacement électrique 2018 organisé par RTE, selon un compte-rendu qui vient d’être rendu public par le gestionnaire de réseau. Pour rappel, 2,2 GW étaient proposés. Ce faible volume fourni par les agrégateurs explique mécaniquement la modestie des capacités retenues, soit 733 MW (39% du potentiel) pour une rémunération totale de 11,2 M€ ; 34 MW ont été sélectionnés pour le lot 1 correspondant à des capacités d’effacement de moins de 1 MW, 699 MW pour le lot 2 (plus de 1 MW).

Sur les 40 offres déposées par neuf candidats, 29 ont été retenues, avec 7 lauréats : ...

Actility, Alpiq, BHC Energy, Enerdigit, Energy Pool, Engie et Smart Grid Energy. Ce dernier estime, par la voix de son directeur du développement Philippe Gay, que le durcissement des conditions techniques et l’inéligibilité des sites interruptibles (les grands sites industriels électro-intensifs) sont les deux causes principales de l’échec partiel de la démarche, destinée à encourager l’effacement vert grâce à une subvention sous forme de complément de rémunération.

Plus de moyens ? 

Autre problème : l’effort de soutien n’est pas assez sélectif et ne dissuade pas les effacements qui mobilisent en parallèle des groupes électrogènes diesel (« effacements gris », surtout des hôpitaux). Lesquels représentent 331 MW, soit 45% de la capacité acceptée, malgré le malus de 0,7 prévu pour le classement et le calcul de la rémunération des projets. Cette offre-là reste importante mais sans doute plus pour longtemps malgré tout, car pour 2019, le malus sera plus sévère et pour les années 2020 et suivantes, ces capacités seront exclues.

La faiblesse des réserves d’effacement obtenues, au regard des intentions, est-elle vouée à perdurer, comme le craignent les opérateurs ? Pour 2019, sans doute, car l’appel d’offres est déjà très avancé. En revanche, RTE précise dans son rapport que « les modalités de l’appel d’offres pour 2020 vont être élaborées d’ici fin 2018, et pourront le cas échéant, être sensiblement revues. »

Pour sa part, Smart Grid Energy s’attend à ce que le volume sélectionné lors de l’AO 2019 ne dépasse pas 500 MW, du fait des pénalités pour l’effacement « gris ». Pour relancer les volumes, cet agrégateur va argumenter auprès des pouvoirs publics sur l’augmentation de la rémunération, le clearing actuel (30 000 €/MW, rémunération maximale retenue,  applicable à tous les projets) lui semblant insuffisant pour mobiliser l’effacement vert, qui suspend pour de bon l’activité chez les consommateurs, en particulier chez les industriels.

  • Consulter le rapport de synthèse de RTE, dans sa version publique (ici en PDF)