La BEI injecte 50 M€ dans le fonds Predirec EnR 30 d’Acofi [Reportage]

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Une éolienne du parc de Thibie et Cheniers (Valorem)
© Floréane Marinier

Sous la voûte de l’église de Thibie (Marne), préambule à la visite du parc éolien de Thibie et Cheniers, le maire Hervé Perrein détaille le « droit de passage » de Valorem. Une compensation de 100 000 € qui permettra la rénovation de l’église et du centre-ville de cette commune de 300 habitants. À un quart d’heure à peine du village, neuf éoliennes Vestas tournent à plein régime dans un champ à perte de vue. Ce parc de 18 MW fait partie du portefeuille que Valorem a refinancé en décembre dernier. Mis en service en septembre 2016, il a produit 46 GWh en 2017. Valorem est ici épaulé par le fonds obligataire Predirec EnR 2030 d’Acofi, à qui la Banque européenne d’investissement (BEI) a prêté 50 M€. En fin de levée, le fonds va arriver autour de 180 M€.

Valorem déclare avoir 80% de ses financements en dette senior, et attend environ 300 M€ d’ici la fin de l’année. Mais Marc Rouberol, directeur financier de Valorem, détaille l’intérêt de souscrire aussi à la dette junior et d’avoir donc « de temps en temps des partenaires qui ne sont pas des actionnaires. Cela nous permet de réduire le coût de l’equity, ...

et de garder autant que possible les projets – même si parfois nous sommes obligés de les vendre. » Et rappelle que le parc de Thibie et Cheniers, prolongement d’un parc existant, a bénéficié d’un financement participatif sur la plateforme Lumo, avec 100 000 € collectés en 2016.

Financement en escalier

Ce n’est pas la première fois qu’Acofi investit dans Valorem : « Nous avons prêté un peu moins de 13 M€ sur 12 ans, pour 5 parcs de 54 MW en tout, explique Grégoire Destenay, directeur des investissements dans les énergies renouvelables chez Acofi. Valorem a ensuite refinancé sa dette senior, créer une holding unique [Vasco Énergies, ndlr] dans laquelle tous les actifs (145 MW) ont été logés. » Un changement qui a demandé de la souplesse à la société de gestion, qui investit dans les énergies renouvelables depuis 3 ans et demi : « On a dû refaire un business plan pour comprendre comment notre dette junior allait se placer dans un portefeuille de 145 MW avec une dette qui n’est plus juste garantie sur les tarifs EDF. On a dû avoir une autre approche. »

La BEI apporte non seulement de l’argent, mais aussi son influence. « Nous allons financer ce fonds, qui lui-même va investir dans des projets comme celui de Valorem, détaille Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI. Nous apportons aussi notre crédibilité et notre crédit pour que d’autres investisseurs se lancent. C’est plus difficile de financer des petites structures, mais nous sommes aidés par le plan Juncker qui permet à la BEI de prendre plus de risques. » La transition énergétique représentait 50% des fonds prêtés à la France par le groupe BEI (BEI + Fonds européen d’investissement) en 2017 (8,6 M€).