Valeco met en service son premier projet étranger, au Canada

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La centrale de Biomont Energie au premier plan (Crédit : Valeco)

C’est une première pour le développeur et producteur d’EnR de Montpellier (Hérault) : il inaugurera ce lundi 16 octobre une centrale de cogénération à Montréal, au Québec, sa première réalisation hors de l’Hexagone. Un projet original : située sur l’île de Montréal, la centrale Biomont Énergie valorise le biogaz produit par des déchets enfouis dans une ancienne décharge. « Ce site de 70 hectares, transformé en parc, est une ancienne carrière reconvertie dans les années 60 en décharge pour des matériaux de construction, essentiellement du bois lent à se décomposer », raconte Matthieu Monnier, directeur export de l’entreprise.

Un investissement de 22 M$ canadiens

Une centrale ...

de 25 MW a fonctionné jusqu’en 2013 mais elle était surdimensionnée. Dans le cadre d’un appel d’offres pour la cogénération de biomasse forestière, un cabinet d’études propose alors de la transformer en une installation plus modeste, avec trois moteurs à combustion couplés à trois turbines. Le tout représentant une puissance de 4,8 MW électrique et 5,2 MW thermique.

« L’équipe a obtenu les autorisations mais n’avait pas les fonds pour lancer l’investissement », poursuit Matthieu Monnier. Valeco entre ainsi en jeu et rachète les droits en 2015, aux côtés de deux partenaires québécois : le développeur Éolectric (qui prend 40% de la société de projet, autant que le français) et le fonds de travailleurs Fondaction CSN, gestionnaire d’épargne-retraite (20%). Un an plus tard, le financement de ce projet de 22 M$ canadiens (15 M€) est bouclé et la construction démarre.

Durée de vie encore inconnue

La mise en service a eu lieu il y a quelques jours. Un Power purchase agreement de 25 ans a été signé avec Hydro-Québec pour la fourniture d’électricité. Parallèlement, l’énergie des gaz d’échappement et du circuit de refroidissement des moteurs est récupérée. Ce réseau de chaleur fournit l’eau chaude et le chauffage des sites de La Tohu et du siège du Cirque du soleil. Sur le plan environnemental, le méthane (CH4) n’est plus relâché dans l’atmosphère.

Le projet ne prévoit pas de nouvelles ressources, seul le biogaz émanant des déchets accumulés pendant 4 décennies sera valorisé. « Pour l’instant, nous avons un surplus en gaz qui doit être brûlé dans une torchère. Dans trois ans, nous serons au bon équilibre et ce pour environ 18 à 20 ans, selon nos études. Au-delà, il faudra arrêter un des trois moteurs », prévoit Matthieu Monnier. Quelle sera la durée de vie de la centrale ? Impossible de répondre précisément.

Deux autres pays en ligne de mire

Valeco (355 MW en exploitation) avait déjà mené des projets de cogénération en France qui lui apportent une expertise pour exploiter ce site. L’entreprise présidée par Erick Gay, dont la Caisse des Dépôts détient 35% du capital, compte accélérer à l’international avec l’ambition d’y réaliser 30% de son chiffre d’affaires d’ici à deux ans. Trois pays sont ciblés. D’abord le Canada avec, au-delà de Biomont Energie, trois projets de parcs éoliens terrestres (deux de 20 MW et un de 6,6 MW) présentés dans des appels d’offres sur les îles de la Madeleine et au Nouveau-Brunswick. Les résultats sont attendus pour la fin de l’année. Ensuite le Vietnam, où un projet de centrale solaire au sol d’environ 50 MW est en développement. Les autorisations sont attendues au printemps 2018. Enfin le Mexique, où Valeco travaille sur un projet solaire (150 à 300 MW) et envisage de se présenter à l’appel d’offres EnR 2018