Un camion-toupie révolutionne le transport du ciment

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Le premier camion-toupie « Oxygène », présenté à Paris le 14 septembre. Crédit : C.C.

« Avec les Jeux olympiques de Paris, il y aura beaucoup de toupies à faire tourner, de même que pour le Grand Paris », a déclaré ce matin Bruno Lechevin, président de l’Ademe. Ce commentaire aurait semblé incongru n’importe où sauf ici, au sein de l’Hôtel de l’Industrie (Paris VIe), à l’occasion de la présentation par Vicat d’un nouveau camion-toupie. Peu polluant et silencieux, ce modèle baptisé Oxygène est en mesure d’alléger le lourd bilan carbone du ciment. « Une première mondiale », se félicite le cimentier français.

La nouveauté réside dans ...

la réunion de deux technologies existantes. Le moteur d’une part, conçu et fabriqué par Iveco, constructeur de bus et véhicules italo-américain. Il fonctionne au GNV ou au bioGNV. « Le recours au bio-GNV permet de réduire jusqu’à 96% le taux d’émission de CO2 et jusqu’à 92% le taux d’émission de particules fines », indique un communiqué. Et d’autre part, la toupie (ou malaxeur), dont le mouvement empêche la ségrégation du béton transporté, est quant à elle hybride (électrique et diesel). Un moteur à induction électrique est ainsi alimenté par une batterie lithium-ion, rechargeable soit via une borne soit via un générateur alimenté par le moteur diesel du camion.

3 000 camions-toupie en 2018

Objectif : fabriquer pas moins de 2 000 camions-toupie en 2017 et 3 000 autres en 2018 ! D’après Clément Chandon, directeur du développement commercial en charge du gaz chez Iveco, l’heure du (bio)GNV a sonné dans le domaine des poids lourds en général. « Actuellement, 30% des poids lourds 19 tonnes et plus commercialisés en France par Iveco fonctionnent au GNV ».

« Chronologiquement, les bennes à ordures ménagères ont été pionnières du GNV dès 1996. En 2012, ce fut au tour de la grande distribution, sous l’impulsion de Carrefour, chez qui le camion GNV est devenu la norme. Ont récemment suivi les secteurs des travaux publics et du transport de produits énergétiques », se souvient ce spécialiste. Il estime qu’en 2020, tous constructeurs confondus, 10% des immatriculations de poids lourds en France concerneront du GNV. « Aujourd’hui, c’est 3% contre 0,3% il y a 5 ans », précise-t-il.

280 stations GNV ou bio-GNV

Clément Chandon est optimiste en ce qui concerne la quantité de biométhane disponible pour les poids lourds. « La quantité de biométhane est certes limitée par les producteurs mais les décideurs publics ont fléché cette ressource vers le transport, écartant ainsi le risque de pénurie ». La France compte aujourd’hui 69 stations ouvertes au public, contre 250 à 300 sites privés, souvent réservés aux flottes captives.

Ceci dit, les politiques publiques destinent aussi le biométhane (fortement subventionné) à un grand avenir dans le domaine du chauffage. Ce qui conduit par exemple à des projets innovants de stations de « rebours » destinées à préserver l’équilibre du réseau de gaz. Pour rappel, en 2017, 31 sites injectent du biométhane dans le réseau GRDF, soit une production de 427 GWh par an.