Sylfen se fraye un chemin sur le marché du stockage

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Le nom de Sylfen, pour « SYstèmes Locaux de Fourniture d’Energie », est inspiré d’un roman de science-fiction de Peter Hamilton dans lequel les Silfen sont des êtres « mystérieux et magiques, capables de créer des chemins entre les planètes », résume Nicolas Bardi, fondateur de la start-up . Le stockage, qui facilite l’autoconsommation d’énergies renouvelables ultra-locales, ouvre en effet la voie vers une Terre… moins polluée. (Source : Sylfen)

La jeune pousse grenobloise Sylfen, qui développe des solutions intégrées de stockage et de production d’énergie pour bâtiments et éco-quartiers, va peut-être passer à l’étape supérieure. Elle participera début avril à la finale à Lyon de BigBooster, programme international d’accélération pour les start-up. Mais surtout, elle mettra en service cet été un démonstrateur à échelle réduite, conséquence d’un contrat signé à l’automne 2016 avec un premier client, dont l’identité reste confidentielle.

Fondée il y a seulement deux ans, elle s’appuie sur une R&D de plus de 10 ans et a été accompagnée par InnoEnergy. Elle s’apprête à réaliser sa première levée de fonds et recherche environ ...

3 M€ auprès de fonds de capital-risque, de fonds corporate ou encore d’industriels pour son développement sur les deux prochaines années. Elle compte 6 collaborateurs et veut atteindre la vingtaine d’ici la fin d’année.

Electrolyseur réversible et double stockage

Sylfen a conçu un produit baptisé Smart Energy Hub, qui contient un électrolyseur réversible. Il transforme l’électricité renouvelable produite par le bâtiment en hydrogène, afin de la stocker. Le moment venu, il re-transforme l’hydrogène en électricité (ou en chaleur).

Le stockage est double. D’abord dans des batteries puis sous forme d’hydrogène. De même, la production d’énergie se fait de deux façons : la solution vide les batteries avant de convertir l’hydrogène en électricité ou chaleur. Par ailleurs, ce hub peut produire de l’électricité à partir de biogaz ou biométhane. « Notre particularité est de proposer une solution globale et non une simple brique », explique Nicolas Bardi, président-fondateur de la start-up. Le hub peut sortir la chaleur à la température voulue, ce qui la rend exploitable à 100%.

Pilotage en temps réel et à distance

(Source : Sylfen)

Ce package intègre des outils logiciels permettant de piloter le hub à distance. Cette solution anticipe l’énergie disponible, par exemple en tenant compte du nombre de panneaux solaires sur le toit du bâtiment. Une stratégie est ensuite établie, en fonction des objectifs énergétiques du site. « En cas d’écart entre la réalité et la planification, par exemple si des nuages s’éternisent, nous relançons le moteur d’optimisation », détaille Nicolas Bardi. Une nouvelle stratégie est alors mise en place.

La commercialisation est prévue pour dans un an. L’objectif est de vendre 2 systèmes en 2018 et 9 en 2019, dont 2 ou 3 hors de l’Hexagone. Le « vrai » déploiement commercial est programmé pour 2020. Le hub sera fabriqué et assemblé en France en interne. Certains éléments ne sont pas conçus en interne, tels que les batteries et les compresseurs. Dans un premier temps, l’installation et la maintenance ne seront pas externalisées.

Déjà un client en Charente-Maritime. La start-up iséroise installera fin 2018 un hub dans un bâtiment de l’université de La Rochelle, inclus dans le projet Atlantech. Ce dernier prévoit la reconversion d’un ancien site militaire de 25 hectares en un parc d’activités « zéro carbone ». Il est porté par la communauté d’agglomération rochelaise, qui apporte 3,35 M€ sur un montant total de 10,2 M€. Le reste vient de l’Etat, de l’Ademe, du fonds européen Feder et du département. Atlantech est lauréat de l’appel à projets « Territoires hydrogène » lancé en mai 2016.

Ambitions internationales

« Nous regardons vers l’international dès le départ et cherchons des partenaires locaux », indique Nicolas Bardi. Parmi les pays ciblés, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne ou encore la Hongrie. Pour décider où s’implanter, plusieurs paramètres entrent en jeu, tels que le prix de l’électricité ou le contenu carbone du mix énergétique. Plus ces données sont élevées, plus elles « motivent l’autoconsommation et la création de bâtiments économes », rappelle Nicolas Bardi.

A priori, les clients-types de Sylfen seront les gestionnaires de bâtiments collectifs mono-occupants, tels que les bâtiments publics, les sièges d’entreprises, les hôtels ou encore les maisons de retraite. « Les raisons sont sociologiques », commente le fondateur. De plus, le cadre juridique de l’autoconsommation collective partagée n’est pas encore bien défini.

La solution étant conçue sur-mesure, son prix varie selon les objectifs d’autonomie et profils énergétiques des clients. Mais l’entreprise cible entre 50 et 100€ d’investissement par mètre carré de bâtiment. Il en va de même pour la puissance de la solution, qui peut aller de plusieurs centaines de KWh à plusieurs MWh.

Parmi les concurrents de la jeune pousse, on trouve notamment la start-up Powidian, qui développe des stations énergétiques autonomes et regarde de plus en plus vers le marché du bâtiment.