Delphine Batho, nouvelle ministre surprise de l’Ecologie

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La nomination de Nicole Bricq à la tête du ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie avait été une surprise, son départ annoncé hier dans le cadre du remaniement du gouvernement Ayrault l’est tout autant. Elle part au Commerce extérieur et c’est Delphine Batho, jusque là ministre déléguée à la Justice, qui lui succède.

Les raisons de ce jeu de chaises musicales ? Elles semblent tenir d’abord aux relations délicates de Nicole Bricq avec les ONG depuis quelques jours. La perte d’un arbitrage gouvernemental dans le dossier Shell en Guyane – autorisant le pétrolier à mener des travaux d’exploration alors qu’elle s’y était opposée – avait suscité des commentaires acerbes de la part des défenseurs de l’environnement. La « rigidité » de cette fiscaliste de choc lui aurait aussi valu des critiques.

Pourtant, même si sa nomination avait étonné, ses premiers pas au ministère avaient montré sa forte implication. Elle avait présenté il y a quelques jours sa feuille de route et annoncé la conférence sur la transition énergétique voulue par François Hollande pour début juillet.

Son départ du ministère de l’Ecologie constitue d’ailleurs une « surprise pour tout le monde, y compris sans doute pour son cabinet », a commenté la fédération France Nature Environnement (FNE).

Une spécialiste de la sécurité

De son côté, Delphine Batho, 39 ans, avait de très mauvaises relations avec sa ministre de tutelle Christine Taubira, ce qui rendait le tandem bancal. D’où la nécessité de lui trouver un autre point de chute au gouvernement. Sa nomination à l’Ecologie est une promotion puisqu’elle décroche un ministère de plein exercice.

La nouvelle ministre n’est pas particulièrement connue pour sa connaissance des dossiers environnementaux. Cette ancienne vice-présidente de SOS Racisme était la spécialiste des questions de sécurité au Parti socialiste. Proche de Ségolène Royal, elle lui a succédé comme députée des Deux-Sèvres en 2007. C’est donc elle qui devra organiser le grand débat sur la transition énergétique dans quelques semaines. Une grand-messe importante puisqu’elle doit permettre d’identifier les axes de travail prioritaires et les modes de concertation associés, aussi bien sur l’énergie que la biodiversité, pour les prochains mois.