Soros, encore un financier qui mise 1 milliard sur l’environnement

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FINANCIAL-SOROS/Le célèbre financier George Soros, suivant l’exemple d’autres stars de la finance comme Warren Buffett, Vinod Khosla ou Richard Branson, se jette à son tour dans les cleantech: il a promis d’y investir 1 milliard de dollars, une nouvelle preuve que le secteur est jugé rentable, à 2 mois du Sommet de Copenhague.

Pour soutenir ses futures participations, il prépare aussi son lobbying : il donnera 100 millions de dollars (10 millions par an pendant 10 ans) à la Climate Policy Initiative, une nouvelle fondation basée à San Francisco qui a pour but d’influencer les politiques publiques en faveur du climat aux Etats-Unis, en Europe, au Brésil et en Inde.

Au passage Soros a plaidé en faveur d’une taxe carbone plutôt que d’un marché du carbone, qui risque trop selon lui d’être manipulé par les investisseurs et détourné de ses buts – et il sait de quoi il parle.

Surnommé « l’homme qui fit sauter la banque d’Angleterre » pour avoir fait fortune en spéculant sur les variations des monnaies, George Soros a déjà commencé à miser sur certains secteurs des cleantech, notamment le captage du carbone en prenant une participation dans la société américaine Powerspan.

Comme lui, plusieurs financiers de haut vol ont placé des fonds dans le secteur depuis 2 ans, et les entreprises qu’ils soutiennent bénéficient aussitôt de leur réputation. C’est le cas par exemple  du constructeur auto chinois BYD, qui depuis que le très influent Warren Buffett y a investi, a vu son cours de Bourse multiplié par 8. C’est la valeur asiatique qui a le plus monté depuis le début de la crise.

Autre exemple, celui de l’homme d’affaires indien Vinod Khosla , l’une de ces stars de la Silicon Valley qui ont abandonné l’internet pour le « green business ». Khosla, qui a fait fortune en Californie en co-créant le groupe informatique Sun Microsystems en 1979, a créé en 2004 son propre fonds d’investissement, Khosla Ventures. Il est devenu depuis 3 ans l’un des plus actifs investisseurs mondiaux dans les cleantech, en prenant des participations dans de très nombreuses start-up. Et il accélère : Khosla vient d’annoncer début septembre avoir réuni auprès d’investisseurs 1 milliard de dollars pour miser sur les technologies propres.

Le milliardaire britannique Richard Branson lui aussi y croit. Le fondateur du groupe Virgin, compte boucler cet autonome un fonds de 400 millions de dollars pour investir dans les énergies renouvelables, le Virgin Green Fund, basé à Londres et San Francisco, selon la presse britannique. Son fonds a déjà investi l’an dernier 14,5 millions de dollars dans GreenRoad Technologies, une start-up qui réduit la consommation de carburant des voitures, ainsi que 2 millions de livres dans le Carbon War Room, une pépinière de cleantech newyorkaise. Richard Branson aurait personnellement, selon la presse, contribué pour 100 millions de dollars dans son nouveau fonds, qui recherche un retour sur investissement de 30% — une gourmandise par forcément compatible avec le développement durable.

Richard Branson est probablement le plus controversé de ces « super-riches » qui sont de plus en plus nombreux à investir dans l’environnement, qui vont des financiers aux stars comme Leonardo du Caprio.

Difficile en effet de s’affirmer comme défenseur de l’environnement quand on dirige une compagnie d’aviation low-cost, un secteur responsable de 2% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Sans oublier ses projets hasardeux comme utiliser de l’huile de noix de coco comme biocarburant pour ses avions, alors qu’il n’y aurait pas assez de cocotiers dans le monde pour lui fournir les quantités nécessaires…

Pour prouver ses dires, Branson patronne une association baptisée « Carbon War Room« , qui se veut une assemblée d’entrepreneurs contre le CO2 et qui est partie en querre contre la pollution… des navires.

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