Irena : l’Institut des énergies renouvelables au pays du pétrole

Print Friendly, PDF & Email

irenaLe tout nouvel Institut international pour les énergies renouvelables (Irena), dont la deuxième réunion préparatoire vient de se tenir à Charm el-Cheikh en Egypte, compte déjà à son actif un beau succès et un début de polémique.

Le succès, c’est le nombre de pays qui ont rejoint cette initiative d’origine allemande : 136 Etats ont déjà adhéré à l’Institut, dont tout récemment les Etats-Unis et le Japon. Une preuve évidente de leur intérêt pour les énergies renouvelables.

La polémique, c’est le choix du siège de l’organisation : alors que l’Allemagne portait la candidature de Bonn, c’est finalement l’émirat d’Abou Dhabi qui a été retenu. Un curieux choix pour certains que celui d’un Etat dont la prospérité repose sur l’exploitation du pétrole et qui détient même le record de la plus forte empreinte carbone du monde par habitant, selon le WWF.

Mais Abou Dhabi a réussi une belle campagne de lobbying, s’assurant du soutien d’Etats importants au premier rang desquels les Etats-Unis, mais aussi la Grande-Bretagne ou l’Australie. L’émirat a promis des engagements financiers importants : 135 millions de dollars sur cinq ans et 50 millions de dollars supplémentaires par an pour les projets soutenus par l’Irena.

L’émirat a aussi fait valoir une carte : il compte installer le siège de l’Irena dans sa future « ville propre » de Masdar, une ville de 50 000 habitants à zéro émission de CO2 dont la construction devrait être achevée en 2016.

« Ce choix témoigne de l’engagement d’un pays dont l’économie est aujourd’hui fortement carbonée vers les énergies propres, estime Alexis Gazzo, consultant au cabinet Ernst & Young. Et puis, c’est aussi un beau symbole de l’évolution de la planète : c’est la première fois qu’un pays du Moyen-Orient est retenu pour accueillir le siège d’une organisation internationale ».

Les négociations ont été ardues, mais Bonn et Vienne ont finalement retiré leurs candidatures. La ville allemande a obtenu un lot de consolation : elle hébergera le centre des technologies et de l’innovation de l’Irena, alors que Vienne récupère un bureau de liaison pour la coopération avec les autres organisations traitant des énergies renouvelables. Reste à trouver un mode d’organisation efficace entre ces trois sites…

Ce sera l’un des chantiers prioritaires de la nouvelle directrice générale de l’Irena, la française Hélène Pelosse, une spécialiste des négociations internationales sur le climat et l’énergie qui était jusqu’à présent directrice adjointe du cabinet de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie.

Dans un premier temps, l’Irena devrait surtout être une plate-forme  de partage des connaissances et de transfert de technologies sur les énergies renouvelables, notamment entre les pays industrialisés et les pays émergents. « C’est un beau signal donné de l’importance accordé par les Etats du monde entier aux énergies vertes, observe Alexis Gazzo. Surtout que l’Institut devrait compter une centaine de collaborateurs dans deux ans, ce qui permettra un travail important ».

La nouvelle agence devra cependant se faire une place aux côtés d’autres organisations comme l’Agence internationale de l’énergie qui traite déjà, en partie, des énergies renouvelables.