Le règne des ampoules basse consommation commence

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ampoulesC’est le jour J pour les ampoules à incandescence : le programme de retrait progressif démarre ce 1er juillet en France. Dès aujourd’hui, on ne devrait plus trouver dans le commerce d’ampoules domestiques de 100 W ou plus. Le retrait des lampes de plus de 75 W est ensuite prévu à la fin de l’année, celles de 60 W le 30 juin 2010, celles de 40 watts le 31 août 2011 et celles de 25 watts le 31 décembre 2012, la date de la fin des dernières ampoules à filaments vendues en France.

Cette substitution, prévue au niveau européen, devrait permettre à la France d’économiser 8 TWh d’électricité à l’horizon 2016, soit deux fois la consommation annuelle d’électricité des Parisiens, selon l’Ademe.

L’enjeu est de taille : l’éclairage représente 9% de la facture d’électricité des ménages français, qui possèdent chacun en moyenne 22 lampes et en achètent 3 par an, avec une consommation d’éclairage d’environ 350 kWh par an. Et au niveau mondial, l’éclairage engendre chaque année dans le monde 1.900 millions de tonnes de CO2, soit près de 4 fois les émissions annuelles de gaz à effet de serre de la France, et absorbe 19 % de la production d’électricité de la planète, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Le problème reste le coût élevé des ampoules basse consommation, entre cinq et six fois plus chères à l’achat, en moyenne. Le consommateur s’y retrouve cependant sur la durée puisqu’elles durent six à dix fois plus longtemps (8.000 heures environ) que les ampoules à incandescence et consomment 4 à 5 fois moins d’énergie.

Autre point noir, les détracteurs des lampes basse conso leur reprochent de … chauffer moins ce qui risque d’entraîner paradoxalement une hausse du chauffage !

Les grands fabricants comme Philips ou Osram ont déjà  largement anticipé l’évolution de la réglementation et le basculement du marché vers les ampoules basse consommation a déjà  commencé : le marché global des ampoules a progressé de 7% en 2008 pour atteindre 337 millions d’euros selon l’institut GfK, mais ce sont les lampes à économies d’énergie qui l’ont tiré (+19%), les lampes à incandescence perdant du terrain (-7% de chiffre d’affaires).

Seul souci pour les fabricants : la durée de vie plus longue des nouvelles ampoules limite les achats de renouvellement. Ils devront trouver d’autres relais de croissance.

Cependant, à la différence des ampoules classiques – qui doivent être jetées dans la poubelle ordinaire – les lampes à basse consommation doivent être récupérées dans les bacs disponibles chez les revendeurs car elles contiennent du mercure (en moyenne 3 mg par ampoule). Il s’agit d’éviter des rejets nuisibles pour l’environnement. Elles sont ensuite recyclables à 93%, souligne l’Ademe.

Le calendrier de retrait décidé au niveau de l’UE fin 2008 est un peu plus lent que celui de la France, qui a été défini par une convention signée entre le ministre de l’Ecologie Jean-Louis BORLOO et les distributeurs, Récylum, EDF et l’ADEME.  L’UE impose elle le retrait de la vente en 2009 des lampes de 100W, en 2010 des 75 W, en 2011 des 60 W et en 2012 des 40 et 25 W