Vers des avions plus légers en carbone

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american-airlinesAlors qu’American Airlines a testé jeudi 11 juin un vol Paris-Miami plus économe en carburant, l’Association internationale des compagnies aériennes (IATA) s’est engagée cette semaine à assurer au secteur du transport aérien une « croissance neutre en carbone » pour 2020, ce qui signifie qu’il pourrait continuer à croître sans augmenter son empreinte carbone.

Une décision adoptée par le conseil de l’IATA, qui a aussi confirmé son objectif d’augmenter de 1,5% par an l’efficacité des carburants et pour l’utilisation de 10% de biokérosène d’ici 2017.

Mais le directeur de l’IATA Giovanni Bisignani a aussi estimé que le secteur aérien, qui est responsable de 2% des émissions de gaz à effet de serre de la planète, ne pourrait parvenir seul à ces résultats sans aides des Etats, qui doivent notamment selon lui investir bien plus massivement dans les biokérosènes que les compagnies commencent à tester.

A noter que  l’Aviation Global Deal Group (AGD), une coalition qui se compose de plusieurs grandes compagnies (dont Air France, British Airways et Virgin Atlantic ), d’entreprises du secteur de l’aviation et de l’ONG internationale « The Climate Group », a proposé que les négociateurs de l’après Kyoto incluent l’aérien dans leurs discussions, avec pour objectif 2020, 3 scénarios: une croissance neutre en carbone, une baisse des émissions de 5% par rapport au niveau de 2005, ou encore une réduction des émissions de 20% sous le niveau de 2005.

Au niveau européen, la question est réglée : le secteur aérien va intégrer le dispositif d’allocation de quotas de CO2 dès 2012, avec un plafond annuel à ne pas dépasser et la possibilité d’acheter et de vendre des quotas, comme le prévoit le système mis en place depuis 2005 par l’Union pour les industries les plus énergivores.

L’IATA demande aussi que les Etats modernisent leur gestion des transports et imposent des prix plafond sur le marché du carbone.  Selon M. Bisignani l’utilisation de biokérosène pourrait réduire de 80% l’empreinte carbone du secteur.

La crise a du bon : l’empreinte carbone du secteur aérien va baisser de 5% cette année à cause de la crise et les efforts d’efficacité des compagnies vont les réduire de 3% supplémentaires, selon l’IATA, qui prévoit une baisse de 8% du nombre de passagers (à 2,06 milliards) et de 17% du fret par avion (33,3 millions de tonnes).

Plusieurs compagnies ont testé ces derniers mois divers type de biokérosène (des carburants tirés de plantes et mélangés à du kérosène standard), à commencer avec en février 2008 Virgin Airlines, qui a fait voler un avion avec un mélange de kérosène et d’huile de noix de coco et de noix du Brésil, mais aussi Continental qui a utilisé un mélange d’huile d’algues et de jatropha, et un groupement de neuf compagnies dont Air France.

Mais des experts estiment bien plus efficaces une meilleure gestion du trafic arien ou des procédures de vol plus rationnelles pour des vols plus courts, plus rapides et moins consommateurs de kérosène.

D’ailleurs, jeudi, le vol American Airlines 63, un Boeing 767-300, va tester plusieurs procédures pour économiser du carburant (optimisation des routes, procédures différentes de changement d’altitude, réduction de l’utilisation des moteurs à l’atterrissage et au décollage…). L’autorité américaine de l’aérien (FAA – Federal Aviation Administration) examinera les résultats du vol et procédera à d’autres tests.

Les passagers ne devraient s’apercevoir de rien mais ces procédures pourraient, selon la compagnie, lui faire économiser 400 millions de litres (120 millions de gallons) en 2009, et réduire ses émissions de CO2 de 1,2 million de tonnes.