Continental à son tour teste avec succès un biokérosène

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Les avions utilisant du biocarburant deviennent monnaie courante : après Air New Zealand fin décembre, la compagnie américaine Continental Airlines a réalisé avec succès un vol test utilisant un biocarburant mélangeant un dérivé d’algues et de l’huile de jatropha, un arbuste tropical aux graines riches en huile. Bingo : ce biocarburant s’est révélé plus efficace que le kérosène classique.

Son Boeing 737-800, un biréacteur, a décollé de Houston avec un moteur utilisant un mélange à 50-50 de ce biocarburant et de kérosène classique, pour un vol de 90 minutes. Le test était mené en partenariat avec Boeing, General Electric et UOP.

Le moteur chargé du mélange a brûlé 3.600 livres contre 3.700 livres pour le moteur à kérosène, rapporte le Houston Chronicle. L’économie a donc été de 2,7% pour ce tout premier test de biokérosène aux Etats-Unis.

Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, s’intéressent de près aux biocarburants, et notamment au jatropha : déjà en février 2008 Virgin Atlantic, pionnière, a réalisé un test qui n’a pas été très concluant, mais en revanche il y a deux semaines, la compagnie néo-zélandaise Air New Zealand a elle aussi fait un test avec de l’huile de jatropha, cette fois très prometteur.

L’an dernier, le test de Virgin, réalisé sur un vol Londres-Amsterdam, n’avait pas été concluant pour le biocarburant, mais il s’agissait d’un tout autre produit — dérivé d’huile de noix de coco —  et qui n’était présent qu’à hauteur de 20% dans un mélange kérosène-biocarburant utilisé dans l’un des 4 moteurs.

Le 30 décembre, Air New Zealand a réalisé un vol partant d’Auckland utilisant un mélange à 50/50 de jatropha et de kérosène et jugé qu’il s’agissait d’un succès majeur. Le groupe avait annoncé en juin son intention d’utiliser 10% de carburants alternatifs d’ici à 2013, soit un million de barils. Le test était réalisé en partenariat avec Boeing, le motoriste Rolls-Royce et UOP. 

Les deux compagnies ont choisi des start up pour fournir les biocarburants. Air New Zealand a travaillé avec la jeune société indienne Terasol Energy, et Continental avec Sapphire Energy, la firme où a investi Bill Gates, une star des nombreuses start up qui produisent du biocarburant à partir d’algues. Toutes deux ont choisi des biocarburants de 2ème génération (non tirés des produits agro-alimentaires).

Ce n’est pas seulement par souci d’écologie que les compagnies aériennes veulent utiliser du biocarburant, mais aussi, du moins jusqu’à la récente chute du prix du pétrole, pour réaliser une importante économie : à 43 dollars le baril, l’huile de jatropha était jusqu’ici bien moins chère que le kérosène.

Autre motivation, en Europe, à partir de 2013, le secteur aérien se verra attribuer des quotas de CO2 à ne pas dépasser et devra donc réduire ses émissions.