Opel dévoile à son tour son modèle électrique

Print Friendly, PDF & Email

003_a260243La voiture électrique sauvera-t-elle le constructeur allemand ? La marque à l’éclair, qui espère le soutien financier de Berlin pour éviter la faillite, présente cette semaine au salon de l’automobile de Genève son premier modèle électrique, l’Ampera.

L’Ampera reprend la technologie développée par la maison mère d’Opel, General Motors, pour sa future Chevrolet Volt. Elle est équipée d’une batterie lithium-ion de 16 kWh qui permet de parcourir les 60 premiers kilomètres uniquement grâce à l’électricité, donc sans émissions de CO2. Au-delà, un moteur à combustion produit l’électricité nécessaire. Il se déclenche automatiquement et permet de parcourir jusqu’à 500 kilomètres. Ce n’est donc pas un modèle hybride traditionnel.

La batterie se recharge totalement en 2 heures 30 selon Opel, sur une simple prise électrique. Elle offre des performances intéressantes puisque sa durée de vie, dans des conditions classiques d’utilisation, est estimée à près de dix ans, une durée nettement supérieure aux batteries qui équipent les autres voitures électriques. En forme de T, elle est intégrée entre les sièges, ce qui fait de l’Ampera un modèle 4 places.

Grâce à cette technologie, l’Ampera émettra 40 grammes de CO2/km en moyenne. On estime qu’une voiture est « propre » quand elle émet moins de 120 grammes de CO2/km.

Côté design, l’Ampera est une berline de cinq portes, inspirée de l’Opel Insigina (voiture de l’année 2009).

L’Ampera devrait être commercialisée en Europe au second semestre 2011. Un an plus tard donc que sa cousine américaine, la Volt, dont la sortie est annoncée pour 2010.

Opel vise les consommateurs qui font moins de 60 kilomètres par jour. Le marché est important : 80% des conducteurs allemands parcourent moins de 50 km par jour.

Reste une inconnue de taille : le prix. L’Ampera est très chère à fabriquer, en raison notamment de sa batterie. Opel ne donne aucune indication sur le futur prix de vente, forcément plus cher qu’un modèle traditionnel. La marque voudrait promouvoir un « prix d’usage » en soulignant que l’électricité coûtera très peu cher au km parcouru. Mais la chute du prix du pétrole rend cet argument moins pertinent aux yeux des consommateurs.

« Tout dépendra des aides que les gouvernements accorderont pour l’achat d’un véhicule peu polluant lors de la mise sur le marché, souligne Frank Weber, ingénieur en chef chez GM. Il sera peut-être plus intéressant de commencer la commercialisation dans certains pays, voire dans certains grandes villes qui prendraient des mesures spécifiques en faveur des véhicules propres ».

Autre inconnue : que se passera-t-il si Opel devait sortir du giron de GM, comme certains le demandent ? L’Ampera reprend la plate-forme de la Volt et Opel n’a pas développé de technologie spécifique.

Outre la présentation de l’Ampera en première mondiale, le salon de l’automobile de Genève s’annonce très « vert ». Quasiment tous les constructeurs travaillent actuellement sur des modèles électriques. PSA Peugeot Citroën a ainsi annoncé, hier, une alliance avec Mitsubishi pour commercialiser un modèle électrique. Plus discrètement, des constructeurs chinois (BYD) et indien (Reva) avancent aussi leurs pions sur ce marché naissant.