Polémique sur l’empreinte carbone des recherches sur Google

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Attention, patate chaude : l’article du Sunday Times dimanche qui indiquait que chaque recherche sur Google émettait 7 grammes de CO2, soit autant que chauffer une demi-bouilloire (cf notre article du 12 janvier), n’a pas fini de faire parler de lui.

Car Alex Wissner-Gross, le scientifique cité par l’article du Times, et qui en outre y publie un papier signé sous son nom sur ce sujet, s’est rétracté lundi en affirmant n’avoir jamais calculé l’empreinte de Google.

Et Google s’est senti obligé de se défendre en publiant — pour la première fois — une estimation chiffrée du coût carbone de ses recherches, il est vrai très inférieure aux chiffres cités dans le Times puisque le groupe estime que chaque recherche émet seulement 0,2 gramme de CO2. 

Pour en avoir le coeur net, GreenUnivers et Eco89 ont interrogé les deux parties — le journaliste du Times à Londres et Alex Wissner-Gross aux Etats-Unis.

Chacun campe sur ses positions, mais une seule chose est claire : Google ne peut être que très mécontent de cette affaire, d’autant que le groupe se veut en pointe du combat pour l’environnement et se targuait fin 2007 de devenir « neutre en carbone » (à travers des compensations), alors que les centres de données (data center) sont de plus en plus critiqués pour leur pollution.

Or Google est l’un des plus gros propriétaires de data centers dans le monde, même si le groupe affirme que ses centres (dont l’ampleur et l’emplacement sont tenus secrets) sont parmi les plus « propres » au monde.

Voici les réponses que nous avons obtenues :

– Alex Wisnner-Gross nous a affirmé, à propos des chiffres sur Google qui lui sont attribués dans le Times, y compris dans l’article signé de lui:  » Ce ne sont pas nos chiffres. Seul Google connaît l’empreinte carbone de Google. Je n’ai aucune idée de l’empreinte carbone des recherches de Google. Nos chiffres, ce sont ceux de  20 milligrammes de CO2 par seconde quand on consulte un silte web, et 300 mg pour les sites plus complexes. Nous n’avons pas calculé les chiffres de Google. Le texte (sous mon nom dans le Times) a été fortenent remanié, ce n’était pas la version finale, nous ne l’avons pas approuvée ». Il avait déjà fait cette mise au point lundi sur le site TechNewsWorld.

De son côté, le journaliste du Times qui a écrit l’article et recueilli ses propos maintient catégoriquement que le texte intitulé « How you can help reduce the footprint of the Web » paru sur le site du journal et signé d »Alex Wissner-Gross, d’ou sont tirés les principaux chiffres sur Google de l’article écrit par le journaliste, a été rédigé par Alex Wissner-Gross lui-même , et que le scientifique a donné son feu vert explicite par mail avant publication et d’ailleurs n’a pas demandé au journal depuis de le retirer. (GreenUnivers a pu lire ces mails de confirmation).

En revanche, nous a précisé le journaliste du Times, l’estimation de l’empreinte carbone moyenne d’une bouilloire, utilisée à titre de comparaison pour l’impact des recherches sur Google, ne vient pas du scientifique mais du Sunday Times, qui explique l’avoir vérifié auprès de plusieurs experts.

A noter que Google, dans sa réponse, fait un renvoi vers la mise au point d’Alex Wisner-Gross dans TechnewsWorld.