Création d’une chaire sur les éco-innovations en Ile-de-France

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Former des spécialistes du management de l’innovation spécialisés dans les éco-technologies. C’est l’objectif d’une chaire à vocation internationale, « Generating Eco-Innovation », qui sera lancée en 2009 par le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (Pres) UniverSud Paris, en Ile-de-France.

Ce projet ambitieux est né d’un double constat :  » dans les prochaines années, les « écotechnologies vont être l’un des domaines les plus fertiles en dépôts de brevets, en activité économique et en création d’emplois. Or, la France ne possède pas un grand centre de recherche pluridisciplinaire sur les éco-technologies avec des laboratoires et des entreprises réunis », constate Sylvie Faucheux, présidente de l’université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines, membre du Pres.

Plusieurs partenaires participent à la création de cette chaire. D’abord, le Pres, qui regroupe plusieurs établissements prestigieux : l’université Paris-Sud 11, l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, l’ENS de Cachan, Supélec et l’école centrale de Paris. Une force de frappe qui représente 12% du poids de la recherche publique en France avec 200 laboratoires, 5 500 enseignants chercheurs, 3 200 doctorants et 50 000 étudiants. « Nous couvrons des champs très larges. C’est un atout car l’éco-innovation est très diffuse. Nous allons réunir des compétences pluridisciplinaires dans les NTIC, la chimie verte, les matériaux, la mécanique… Tout ce qui concerne l’environnement dans nos laboratoires sera mobilisé autour de la chaire », poursuit Sylvie Faucheux.

Le Pres s’engage à hauteur de 350 000 euros en 2009, année de démarrage, puis de 500 000 euros les années suivantes en mise à disposition de personnel, de locaux…

De l’autre côté du berceau, cinq grandes entreprises :  Alstom, GDF-Suez, Italcementi, Saur et la SNCF. Chacune s’engage pour quatre ans, avec un ticket d’entrée de 40 000 euros en 2009 puis 80 000 les suivantes. Outre leur participation à la chaire, elles bénéficieront des compétences des laboratoires du Pres en matière d’environnement.

Enfin, des capitaux-risqueurs sont également associés à la chaire : ils interviendront dans les cours sur le financement des entreprises et apporteront leur expertise d’investisseur sur les projets développés au sein de la chaire. « Ce sera aussi un moyen pour eux de récolter des informations sur les recherches en cours, les options technologiques ou les solutions les plus innovantes qu’ils maîtrisent mal alors qu’ils investissent beaucoup dans les éco-technologies », observe Sylvie Faucheux.

L’objectif de la chaire est de former non pas des chercheurs spécialistes du stockage du CO2 ou des éco-matériaux mais des cadres internationaux capables d’assurer l’interface entre le monde de la recherche, celui de l’entreprise et du capital-risque. A partir de la rentrée 2009, environ 25 étudiants de tous pays intégreront le cursus, qui délivrera un Master de niveau 2. La formation sera ouverte à un large public de diplômés en sciences exactes, économie, gestion, sciences biomédicales… Les cours seront en anglais et porteront sur le financement, la valorisation, la recherche de débouchés… Ils effectueront 500 heures de présence par an et un mi-temps dans les entreprises partenaires, où ils pourront développer des projets concrets, par petits groupes. Deux doctorants et deux post-docs seront également recrutés. L’enseignant titulaire de la chaire est actuellement en cours de recrutement au niveau international.

Des sessions de formation continue seront également lancées dès 2009 avec les industriels associés. Par exemple, sur les éco-matériaux ou les éco-quartiers avec Italcementi.

La chaire veut aussi susciter des créations d’entreprises dans le domaine de l’environnement, sur des nouveaux produits ou services. Ils bénéficieront de l’appui des capitaux-risqueurs.

En rassemblant des compétences pluridisciplinaires, la chaire pourra également conseiller sur les opportunités et les risques liés à un projet d’éco-innovation. La finalité étant bien de devenir un centre d’excellence mondial pour la formation et l’expertise sur les éco-innovations, depuis leur émergence jusqu’à leur mise sur le marché. « Même si les pays anglo-saxons ou nordiques sont en avance sur nous en matière de management de l’innovation, ce que nous voulons construire est assez unique, car notre réunit de multiples facettes », estime Sylvie Faucheux.

La chaire sera officiellement lancée le 17 février 2009 lors de la troisième conférence de la valorisation et le financement de l’éco-innovation, Capital 4E, à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles.