La Nouvelle-Aquitaine veut enraciner sa transition énergétique

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Françoise Coutant (Crédit N-A Alban Gilbert)

« Sur le terrain, nous observons de plus en plus de réticences de la population. Il nous semble donc primordial de travailler sur l’appropriation des énergies renouvelables. » Pour Françoise Coutant, vice-présidente de la Région Nouvelle Aquitaine en charge du climat et de la transition énergétique, le constat s’impose de lui-même : c’est aux territoires à l’échelon infra-régional de déterminer localement l’évolution de leur mix énergétique. La Région est certes là pour les accompagner, mais « on ne fera rien sans les parties prenantes locales ». L’élue le rappelle à l’occasion de l’université d’été de la fondation e5t, organisée ces 21 et 22 octobre à La Rochelle, et pour laquelle GreenUnivers publie un panorama de la transition énergétique en Nouvelle-Aquitaine, consultable ci-dessous.

Hydrogène et agri-solaire

Dernier exemple en date, le 16 octobre, les élus de Nouvelle-Aquitaine étaient réunis en « commission permanente », la structure chargée de mettre en œuvre les décisions adoptées en séance plénière. Ils y ont validé le lancement de deux appels à projets. Le premier porte sur des « hub de mobilité hydrogène routier et maritime » et vise à structurer la filière H2 dans la région, conformément à la feuille de route adoptée il y a quelques jours. Le second cible « l’agri-solaire » et consiste à « expérimenter des projets innovants et exemplaires couplant cultures ou élevages et solaire photovoltaïque en tenant compte de leurs enjeux énergétiques, agricoles, environnementaux et fonciers ». Il illustre la priorité aujourd’hui accordée par la Région à une approche systémique de la transition énergétique. Comme le formule Françoise Coutant auprès de GreenUnivers : « la transition énergétique ne peut être qu’écologique. Si c’est pour saccager la biodiversité, non merci ! »

L’enjeu de l’eau

La Nouvelle-Aquitaine a d’abord eu à gérer des contestations vis-à-vis des projets éoliens. Les réticences apparaissent désormais aussi à propos d’énergie solaire, en particulier vis-à-vis de la coexistence avec l’agriculture, et de biogaz. « Pour la méthanisation, si on veut faire appel à des cultures intermédiaires, d’accord, mais dans quelles conditions ? Est-ce qu’on va utiliser des pesticides ? Est-ce que ces cultures intermédiaires vont nécessiter beaucoup d’eau ? », interroge l’élue régionale. Cette question de l’eau est, selon elle, loin d’être anodine : « dans certains territoires de Nouvelle-Aquitaine, cela va poser problème ». Cette problématique est d’autant plus importante que la Région s’est fixé des objectifs très ambitieux en matière de gaz verts.

Pour faciliter l’approche systémique et l’appropriation citoyenne, la Région s’est dotée de multiples sociétés locales dans les énergies renouvelables (SEM, SCIC, sociétés citoyennes de production…), au moins une par département. Elle a aussi signé une convention avec l’ONG Surfrider pour animer des ateliers sur la transition énergétique dans le Pays Basque et compte étendre ce principe. « L’idéal serait d’identifier localement partout sur notre territoire des personnes ou structures ressources qui fassent la jonction entre le niveau infra-régional, notamment pour la réalisation des plans climat, et l’échelon régional », suggère Françoise Coutant. « Pour concilier l’appropriation locale et la cohérence globale dans le cadre de notre schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet). »