Solaire innovant : Engie lance Energiestro sur la régulation de fréquence

Print Friendly, PDF & Email
(@Energiestro)

Titulaire de 18 MW lors du premier round de l’appel d’offres solaire consacré aux initiatives innovantes et deuxième du classement derrière Sun’R, le groupe Engie a décroché quatre projets caractérisés par leur variété : des panneaux solaires bifaciaux de Photowatt, aussi testés par Générale du Solaire, de la prévision météo locale avec Réuniwatt, une solution de services systèmes explorée avec Hespul et un stockage à volant d’inertie pour la régulation de fréquence, associé à une centrale solaire de 3,4 MW équipée de panneaux bifaciaux de Photowatt, là aussi objets de tests.

Après Voltalia, Engie

Ce projet avec stockage sera hébergé dans le centre expérimental Thémis des Pyrénées-Orientales et s’appuiera sur les volants d’inertie d’Energiestro. Lequel trouvera là sa deuxième commande, pour un équipement qui reste à dimensionner mais sera probablement proche des 10 kW/10 KWh bientôt fournis à Voltalia pour la Guyane et sans doute installés cette année. « Nous allons de la sorte passer à des prototypes ...

de niveaux bêta et 7 sur l’échelle TRL*, avec une heure de capacité à pleine puissance. Nous abordons la phase d’industrialisation », se réjouit André Gennesseaux, directeur général d’Energiestro.

Le béton toujours là

A la différence de Levisys ou de Beacon Power, adeptes du carbone et de l’acier mais dont on entend peu parler à l’heure actuelle, cette entreprise de Châteaudun (Eure-et-Loir) a finalement fait le choix d’un cylindre et d’un carter en béton. Soit une solution rustique pouvant être fabriquée sous licence partout dans le monde et à un coût actualisé (levelised cost of storage) qu’elle promet compétitif avec celui des batteries, en tenant compte de cette quasi-absence d’usure de volants tournant dans le vide. Les ingénieurs de cette start-up de 7 personnes semblent avoir bien en tête la question des coûts, comme en témoigne cet arbitrage en faveur de paliers à roulements à billes, plutôt que des modèles magnétiques plus onéreux.

Energiestro explore d’autres applications que le soutien au réseau général. Par exemple, l’apport et la récupération d’électricité lors des vigoureux départs et arrivées de trains ou rames de métro. Les commandes commençant à poindre, la start-up confirme se diriger vers un appel de fonds conséquent, autour de 10 M€ étant recherchés, indique André Gennesseaux.

Un volant d’inertie 10 kW/10 KWh avait déjà été testé en 2015 en complément de batteries par Engie à Toulouse, via sa filiale Ineo, dans un démonstrateur smart grid. A l’époque avec la technologie de Levisys. Engie va donc faire de même plus au sud, pour un autre équipement et en stockant la production d’une centrale solaire à construire, ce qui est quand même l’objet de l’appel d’offres public.

Météo ultra locale

Autre lauréat de l’appel d’offres solaires « Innovation », le projet d’Engie tourné vers le test des modules bifaciaux de Photowatt portera sur 5 MW, à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), en partenariat avec le chimiste Arkema.

Celui baptisé « ZAC Montane 4 » se situera quant à lui en Corrèze, pour 4,2 MW. Engie et Hespul y travailleront sur l’intégration de l’électricité au réseau en expérimentant une nouvelle solution de fourniture de services systèmes locaux.

Quant au dernier, en compagnie de Réuniwatt, il s’intéresse en revanche à l’amont, en l’occurrence à la prévision de production via un outil de deep learning installé dans une centrale de 5 MW en Loire-Atlantique. Il vise à « apprendre » la météo hyperlocale, dans l’environnement complexe de l’estuaire de la Loire et de la côte océanique.

* Technology readiness level, niveau de maturité d’une technologie, progressif de 1 à 9.