Les véhicules « retrofités » prennent la route

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(@Carwatt)

Cet arrêté paru au Journal Officiel ce 3 avril était attendu depuis des années. Les voitures thermiques transformées en électriques peuvent dorénavant rouler sur la voie publique, à condition d’avoir plus de cinq ans et pour les deux-roues, plus de trois. En France et alors que nombre de pays européens facilitent déjà le retrofit électrique, « c’est une grande victoire, se réjouit Gérard Feldzer, co-président de l’association Aires, qui réunit les professionnels de cette petite filière*. Le ...

point majeur du texte est que nos véhicules pourront se passer de l’autorisation du constructeur d’origine, qui ne voulait pas engager sa responsabilité et risquer un surcroît de concurrence ». Autre progrès notable : les véhicules « retrofités » – y compris vers l’hydrogène – vont bénéficier d’une catégorie à part dans la nomenclature des transports et de certains allègements, comme l’exemption des crash tests.

Structure de valeur

Cette étape franchie, Aires veut maintenant faire aboutir une deuxième revendication : bénéficier de primes au même titre que les véhicules électriques (VE) neufs, d’autant que le moteur thermique est ici supprimé, ce qui n’est pas le cas lorsque l’automobile diesel ou essence remplacée par un VE se trouve revendue. Pourquoi des aides ? La conversion, effectuée au mieux de façon semi-industrielle comme chez Carwatt, l’entreprise de Gérard Feldzer, ou plus souvent dans des ateliers de mécanique de taille moyenne, reste onéreuse : entre 10 000€ et 15 000€ pour une voiture, selon Carwatt. En conséquence et pour le moment, le marché pourrait surtout s’ouvrir pour les véhicules dont la structure présente une certaine valeur. Des véhicules de luxe, des utilitaires spécialisés, des camions qui effectuent des trajets réguliers – par exemple des bennes à ordures ménagères – ou les transports de personnes à mobilité réduite, spécialement aménagés. « Une benne à ordures électrique neuve coûte au moins 250 000€. A garanties égales et lorsqu’il n’y a pas de fortes exigences d’autonomie, notre retrofit est facturé deux fois moins cher », promet Gérard Feldzer. Cet ancien commandant de bord d’Air France et expert bien connu de l’aéronautique travaille aussi sur l’électrification des véhicules en service dans les aéroports et s’intéresse aux bateaux, par exemple ceux utilisés pour les croisières fluviales.

Le retrofit thermique-électrique sortira-t-il de son créneau actuel – essentiellement les véhicules de collection – et profitera-t-il de la voie qui vient de lui être ouverte ? L’association Aires veut y croire et calcule déjà que convertir 1% du parc automobile français transformerait 400 000 véhicules et générerait un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros, avec des créations d’emplois locaux. Une arme à la fois anti-crise et pro-climat, en somme. Mais avant cela, les petites entreprises du retrofit et leur trésorerie devront survivre à la période actuelle.

* Les adhérents de l’association Aires :