Pourquoi Hydroquest ouvre son capital

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(@Hydroquest)

Jean-François Simon, président et co-fondateur d’Hydroquest, a annoncé vendredi 13 décembre, lors de la Journée Ecotech Energie du réseau Pexe et des Instituts Carnot, ouvrir le capital de sa société à de nouveaux partenaires industriels ou financiers. Une décision qui correspond à une évolution de la stratégie de ce fabricant isérois d’hydroliennes, lancé à ses débuts en 2010 sur des machines destinées aux rivières, puis en 2014 sur une version marine. Ce qui avait à l’époque motivé l’entrée au capital, en forte position minoritaire, du chantier naval cherbourgeois CMN Prinvinvest, intéressé par la construction d’hydroliennes pour la mer. Une machine de 1 MW est en ce moment immergée en Bretagne.

Un batteur à œufs géant

Mais, en 2019, Hydroquest a décidé d’explorer aussi ...

un autre marché, celui de l’éolien flottant et même terrestre, à partir de brevets pris en concession auprès du Legi (CNRS) de Grenoble. Les chercheurs y ont imaginé le concept WindQuest, doté d’un axe vertical et d’un générateur sous les pales, donc d’un centre de gravité bas. Hydroquest le fait tester en ce moment au bassin d’essai du centre Ifremer de Brest. WindQuest possède un air de famille avec un batteur à œufs géant, qu’il faudra un jour poser sur un flotteur. C’est le sens de travaux parallèles en préparation avec l’Ifremer. 

Une puissance nominale au double

L’entreprise ayant manifestement le sens de l’adaptation, elle prévoit aussi des usages terrestres pour sa drôle de nouvelle machine. Pour deux raisons, comme l’explique Jean-François Simon : « Nous ne comptons pas réaliser un démonstrateur grandeur nature flottant en mer, qui coûterait des dizaines de millions d’euros. Nous préférons mettre une machine en place à terre, dès la fin de l’année prochaine, sur le port de Cherbourg et avec un modèle de 50 mètres de hauteur. De manière à montrer les atouts de cette éolienne qui, à hauteur comparable, offre une puissance nominale au double voire au triple des turbines conventionnelles, avec un potentiel marin mais aussi terrestre ».

Nul doute que le ou les futurs actionnaires supplémentaires demanderont des précisions et des garanties sur les performances de cette turbine. Pour le moment, Jean-François Simon ne souhaite indiquer ni le montant recherché – au moins plusieurs millions d’euros – ni le calendrier envisagé. Quels sont les profils attendus ? Celui d’un groupe industriel ou énergétique, ou un fonds d’investissement français ou international, ou encore une syndication. La cession de la majorité du capital encore détenue par les cofondateurs n’est pas exclue.