En 2019, la Bourse a favorisé la production d’énergie, dédaigné les PMI

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(c) Pixabay

Si krach financier il y a, ce ne sera pas en 2019. Le Cac 40 affiche même une performance annuelle inédite depuis… vingt ans, avec une hausse de plus de 26% et une barre symbolique des 6 000 points franchie en décembre. Les valeurs de la transition énergétique ont fait plus que surfer sur la vague. L’indice Lyxor ETF New Energy réalise ainsi une progression de 33,8% et plusieurs titres d’entreprises ont largement battu cette moyenne.

A commencer par ...

Neoen et Voltalia. Les actions des deux développeurs-producteurs EnR français bénéficient d’exactement la même progression sur un an : +63%. Voltalia, vétéran de la Bourse depuis 2014 mais longtemps adepte du surplace, avait commencé à grimper tôt (+ 25% au premier semestre), Neoen l’a rattrapé en septembre, a été de nouveau dépassé en octobre… Les titres ont fait la course toute l’année, terminée en fanfare avec une hausse commune de plus de 30% au dernier trimestre.

Australie versus Brésil

Les valorisations respectives restent cependant bien différentes : 2,6 Mds€ pour le développeur détenu par Impala, de Jacques Veyrat, 1,2 Md€ pour la filiale de Creadev (famille Mulliez, groupe Auchan). Un investisseur fait remarquer que Voltalia reste pour l’instant très présent au Brésil, où les prix de l’électricité long terme demeurent faibles par rapport aux prix du marché libre mais que Neoen est fortement impliqué en Australie, où c’est l’inverse. Neoen parvient à décrocher des contrats d’approvisionnement fortement recherchés par tout le monde au pays des kangourous.

Albioma ne démérite pas

Ces valeurs emblématiques des EnR tricolores volent la vedette à une autre, qui s’en sort pourtant très bien : Albioma, avec une hausse de presque 40% sur un an, pour une clôture le 31 décembre à 26€. Investie elle aussi par Jacques Veyrat, Albioma se voit fixer une cotation cible à 28€ par la Société générale et Potzamparc.

Le biogaz séduira-t-il autant que l’éolien et le solaire, spécialités de Neoen et Voltalia ? C’est la question posée à l’intégrateur de solutions de méthanisation Agripower, propriété d’Eric Lecoq et introduite en Bourse à hauteur de 42,72% du capital le 20 novembre, à un cours de 6,7€ Elle termine l’année à 10,4€, ce qui répond par la positive à la question, pour le moment.

Hausse record pour le gaz des profondeurs

Qu’il soit bio ou de récupération, le gaz intéresse manifestement les investisseurs professionnels et les boursicoteurs, comme en témoigne le parcours de la Française de l’énergie, spécialiste du gaz minier, qui a franchi 2019 par un saut de presque 72%. Cette valeur fait beaucoup mieux que l’indice sectoriel « pétrole & gaz » de la Bourse de Paris dans lequel elle est répertoriée, qui affiche un piètre 7,60%. En revanche, ce n’est pas le cas de McPhy Energy, elle aussi attachée à cet indice et qui contreperforme à -5% sur l’année. Dans l’efficacité énergétique, l’action Enertime baisse également, de 2,4% sur douze mois, mais se redresse ces dernières semaines.

Les PME industrielles de la transition énergétique inspirent-elles moins confiance que leurs homologues de la production d’énergie, déjà assez internationalisées (Neoen et Voltalia) donc un peu plus « dérisquées » ? L’interrogation n’a pas empêché le fabricant de chaudières BoostHeat de tenter l’aventure d’Euronext en octobre et pour le moment, il peut s’en réjouir : introduit à 14€, le titre a préparé le réveillon du Nouvel an en dépassant les 18€.