Le Lithium géothermal alsacien, une affaire de plus en plus sérieuse ?

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(c) EDF

Un nouveau modèle économique pourrait émerger pour la géothermie en Alsace, qui en a bien besoin, de même qu’une nouvelle perspective pour l’approvisionnement français en Lithium. Pressentie depuis les années 1990, la présence de ce métal est désormais confirmée dans la région, à la fois par Electricité de Strasbourg (détenue à 88,6% par EDF) et par Fonroche Géothermie. Les deux développeurs estiment que depuis leurs puits déjà en service ou à l’étude, ils pourraient en extraire annuellement plusieurs milliers de tonnes. “Il suffira de 10 projets de géothermie profonde en France pour garantir l’indépendance nationale en approvisionnement de Lithium à prix très compétitif pour son industrie”, affirme ainsi Fonroche Géothermie ...

dans un communiqué. Interrogé sur le sujet en septembre dernier, le Syndicat des énergies renouvelables indiquait que « à raison de 1 500 tonnes annuelles de carbonate de lithium par site géothermal, pour une dizaine d’installations, la France fournirait 6% de la capacité mondiale ».

« 30 à 40% de la demande industrielle française »

De fait, effectuées à partir du forage de Vendenheim au nord de Strasbourg, les analyses de Fonroche Géothermie « confirment la présence de Lithium en qualité et quantité très prometteuse, permettant d’envisager une production annuelle de quelque 1 500 tonnes de Lithium propre sur ce seul ouvrage », indique le développeur. Il dispose de trois puits programmés dans la région et en conclut qu’il pourrait fournir « 30 à 40% de l’ensemble de la demande industrielle française en Lithium à partir de 2023 ». 

Electricité de Strasbourg (EDF) parvient aux mêmes estimations, ayant identifié un gisement de 1 500 tonnes annuelles sur l’un de ses sites, à Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin). Le puits ultra-profond est étudié en partenariat avec le groupe minier Eramet, à partir d’une technologie développée avec l’IFP Energies nouvelles (IFPEN) et dans le cadre d’un consortium qui réunit aussi le constructeur automobile PSA et le chimiste BASF. Le procédé est basé sur la récupération du Lithium par évaporation avec récupération de l’eau ensuite renvoyée dans le puits, associée à la nanofiltration et à l’osmose inversée, ce qui incite ses promoteurs à qualifier le résultat de « Lithium propre » par opposition à l’exploitation minière conventionnelle.

Electricité de Strasbourg prévoit d’implanter d’ici 2021 une centrale pilote sur l’un de ses puits, pour vérifier « la pertinence » de ce Lithium issu des eaux géothermales, selon les propos de Bernard Kempf, directeur du développement de ES, interrogé par l’AFP. Cette pertinence devra aussi prendre en compte la compétitivité du Lithium alsacien et les futures évolutions de la mobilité bas carbone.