Le balisage nocturne de plus en plus questionné [Colloque FEE]

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© Bru-nO, pixabay

Pas si facile d’éteindre la lumière. La signalisation nocturne obligatoire des éoliennes est l’un des motifs d’énervement de certains riverains de parcs, un reproche que France Energie Eolienne (FEE) prend de plus en plus au sérieux. À l’occasion de son colloque annuel, l’association a voulu réaffirmer sa volonté de progrès, qui passe par une éventuelle extinction des feux, les turbines étant alors balisées de façon circonstancielle, au passage d’un avion ou d’un hélicoptère. Pour rappel, ...

la règle actuelle est que chaque éolienne soit équipée d’une balise, quelle que soit sa position dans le parc. Un groupe de travail existe déjà avec les parties concernées, en l’occurrence la Direction générale de l’aviation civile et l’Armée.

Une pénombre onéreuse

Mais est-il vraiment possible d’éteindre complètement les éoliennes ? Interrogé sur le sujet, Antoine Guichard, propriétaire et dirigeant du fabricant français de balises Obsta, n’est pas convaincu. Il situe le prix de chaque radar à installer (il en faut au moins trois) entre 300 000 € et 400 000 €, ce que confirme le développeur-producteur Boralex qui parle de 1 M€ par parc. Antoine Guichard signale qu’en Allemagne, seule une ferme éolienne serait équipée de ces matériels de pointe, qui détectent les avions ou les avertissent. En revanche, il existe selon cet expert des solutions meilleur marché, comme des feux orientés vers le ciel qui gêneraient peu les habitants. Une solution que retient aussi Pauline Le Bertre, déléguée générale de FEE, tout en estimant qu’il est possible de jouer aussi sur la réglementation, en obligeant les avions à allumer leur transpondeur (pour se signaler, ce qui évite d’installer un radar). Elle suggère de compter en outre sur l’effet de taille : l’équipement des parcs français en mini-radars générerait d’importantes économies d’échelle et ferait baisser le prix des matériels.

Un nouveau GT demandé

La question est suffisamment importante pour que FEE en fasse l’une de ses quatre grandes propositions aux pouvoirs publics, avec l’excavation des massifs, la refonte des garanties financières pour démantèlement et un nouveau critère « régionalisation » pour la sélection des projets dans les appels d’offres nationaux, sous forme de bonus ou de note, pour mieux répartir l’implantation éolienne dans l’Hexagone. « Voilà de quoi nourrir ce nouveau groupe de travail éolien, que nous appelons de nos vœux », fait remarquer Pauline Le Bertre.