Les Hautes-Alpes veulent prendre la main sur leurs barrages

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(Crédit : département des Hautes-Alpes)

Nouvel épisode dans le feuilleton du renouvellement des concessions hydroélectriques. Cette fois-ci, il se joue dans les Hautes-Alpes. Tandis que le gouvernement réfléchit à mettre fin au régime des concessions, les Hautes-Alpes aimeraient profiter de l’ouverture à la concurrence réclamée par la Commission européenne. Le département voudrait gérer lui-même les barrages sur son territoire. En filigrane, c’est une bataille entre voisins qui ...

se dessine dans les vallées de la région. « Les Hautes-Alpes fournissent l’essentiel de l’eau consommée en région Sud. Nous devons faire entendre la voix des Haut-Alpins pour préserver la ressource, mieux réguler les usages et partager plus équitablement la richesse créée », justifie le conseil départemental des Hautes-Alpes dans un communiqué.

Une immense réserve d’eau

Le 12 juillet, les élus du département doivent prendre position sur la création d’une ou plusieurs sociétés d’économie mixte (SEM). Ces SEM auraient vocation à exploiter des barrages hydrauliques. Pour justifier sa position, le département met en avant les « nombreux conflits d’usages entre consommation d’eau potable, production d’énergie, irrigation agricole, activités artisanales, industrielles ou de loisirs » qui s’intensifient avec « les évolutions du climat ».

Le département revendique une quinzaine d’ouvrages sur son territoire. L’un d’entre eux semble plus particulièrement cristalliser les inquiétudes des élus. « Presque tous sont la propriété de l’État et exploités par EDF, notamment celui de Serre-Ponçon, l’un des plus gigantesques de France », évoque le communiqué. Long de 20 km et large de 3 km, ce barrage produirait 700 GWh d’électricité par an grâce aux eaux de la Durance. En amont, se trouve les Hautes-Alpes. Mais aussi et surtout une immense* réserve d’eau qui a permis le développement de diverses activités nautiques et touristiques : le département des Hautes-Alpes y recense 10 ports et pontons avec 1100 anneaux de plaisance. En aval, par contre, se trouve « la Provence grande consommatrice d’eau avec ses millions d’habitants et son économie florissante », formule le conseil départemental. Une concurrence qui l’amène à se porter candidat à la gestion des barrages pour préserver les intérêts de ses administrés.

*La réserve en amont du barrage représente 1,2 milliard de mètres cube d’eau (l’équivalent de 320 000 piscines olympiques) sur une superficie de 2800 hectares (l’équivalent de 1555 terrains de football), selon le Département des Hautes-Alpes.