Les données satellites améliorent l’état de l’art photovoltaïque

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Il n’y a pas (encore) de méga-centrales solaires en orbite. Mais les satellites, eux, surveillent déjà les installations photovoltaïques et de plus en plus. En témoigne le succès des fournisseurs de données venues de l’espace, comme 3Tier aux Etats-Unis ou le tchèque Solargis. Créé en 2008 à Bratislava, il annonce plus d’un millier de clients dans une centaine de pays et dit accompagner 3 500 projets chaque année.

« Toutes les 15 mn, Solargis enregistre l’irradiation des sites solaires, depuis 25 ans. La base de données est devenue précieuse pour les projets, pour le monitoring, pour le trading », affirme Bertrand Ferrier, nouveau directeur du développement pour la France, où il compte une quarantaine de clients. Il fait remarquer que le satellite n‘est pas soumis aux mêmes contraintes que les stations d’observation au sol – par exemple la poussière accumulée. En outre, les centrales ne sont pas toutes équipées de capteurs spécifiques, appelés pyranomètres.

Série sur 25 ans

Cela dit, « nous ne sommes ...

pas en compétition avec les services d’information basés sur les stations terrestres, car tout le monde a intérêt à faire progresser les connaissances. D’ailleurs, nous utilisons nous aussi ces stations, cinquante en tout, pour recalibrer les données satellites », fait remarquer Bertrand Ferrier.

Solargis bénéficie en tout cas de séries longues de données à haute fréquence sur l’irradiation solaire planétaire. Outre les différentes données d’ensoleillement, on y trouve la température, l’humidité, les pluies et, de plus en plus, pour les centrales en technologie bifaciale, l’albedo, ie la réverbération.

Le résultat peut être mis à profit pour caractériser au mieux un gisement solaire. Solargis travaille ainsi pour le compte d’agences publiques comme le marocain Masen ou de financeurs de programmes solaires tels que la Banque Mondiale. Les données servent aussi aux exploitants. L’outil compare les performances des centrales dans le temps pour mettre en évidence leur usure, et entre elles, ce qui livre des indications sur l’adéquation des équipements choisis, entre autres. A cet égard, on remarque ces cartographies sophistiquées (cf ci-dessous) additionnant chaque mois les mesures à 15 mn de fréquence effectuées sur le territoire européen. Elles mettent en évidence les différentiels d’irradiation par rapport au passé. Et fournissent aux exploitants l’information sur la performance de leurs installations. « Si le producteur constate que sa centrale a produit 40% de plus qu’un an plus tôt, il a besoin de connaître la variation de la ressource locale pour apprécier réellement », explique Bertrand Ferrier.

Le commerce dans le viseur

Manifestement bon ambassadeur de cette technologie, ce professionnel met en avant des tarifs qui ne seraient pas exorbitants : « un abonnement annuel pour 100 centrales revient à quelques dizaines d’euros par site », plaide-t-il. Pour une seule centrale, la prestation coûtera en revanche 1 000€. Mieux vaut acheter « en gros », ce que peuvent sans doute s’autoriser les traders d’électricité renouvelable, qui constituent la troisième « cible » de Solargis. Selon Bertrand Ferrier, cet outil offre des prévisions de plus en plus recherchées pour les ordres journaliers ou pour le lendemain. Et même au-delà, ce qui intéresse du coup aussi les amateurs de maintenance prédictive. On l’aura compris, le futur des centrales solaires passe par l’espace, ce qui est assez cohérent.