Le financement participatif EnR arrive en Guadeloupe

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(Crédit : Sunzil)

Article complété le 06 février 2019 –

Le financement participatif des énergies renouvelables rejoint l’Outre-Mer, avec cette opération que viennent de boucler Quadran-Direct Energie et la plateforme Lendopolis, en Guadeloupe. Elle concerne deux centrales solaires avec stockage, à Saint-François (4,8 MW, batteries de 3,4 MWh) et sur l’île de Terre-de-Bas (2,8 MW, batteries de 1,9 MWh), des projets remportés par Quadran lors de l’appel d’offres dédié de 2017.

Clientèle patrimoniale

Lendopolis, filiale de la Banque Postale depuis juin 2017, a collecté 500 000€ auprès de 44 investisseurs guadeloupéens, en deux mois. Un effectif plutôt restreint, qui propulse le ticket moyen autour de 10 000€, avec un épargnant qui a même placé 50 000€. « Nous avons surtout ciblé la clientèle patrimoniale de la Banque Postale », explique Nicolas de Feraudy, directeur de Lendopolis. La plateforme a déjà réussi une collecte autour de la transition énergétique dans les Dom, mais avec ...

une collectivité locale et pour une opération de rénovation d’éclairage public. D’autres sont envisagées : « Nous étudions des opérations à La Réunion et en Guadeloupe, surtout pour des centrales solaires », précise Nicolas de Feraudy. Il n’est pas le seul. Lendosphère se prépare ainsi à lancer une collecte pour le tout nouveau parc éolien guadeloupéen de Valorem, sur 16 MW et à Sainte-Rose.

15 M€ visés pour 2019

Au total, en Outre-Mer mais surtout en métropole, Lendopolis annonce un pipe EnR de 15 M€ pour les six mois qui viennent. En 2018, cette structure créée par KissKissBankBank en 2014 pour ouvrir le crowdlending aux TPE/PME, a collecté 4,7 M€, avec un montant équivalent en cours de levée fin décembre. L’objectif pour 2019 est fixé à 15 M€, pour des projets issus notamment des appels d’offres solaires CRE4. Malgré la modification du cahier des charges, les développeurs n’ont pas abandonné la solution du crowdfunding local, même s’il se trouve moins sollicité. Ils ont désormais tendance, selon Nicolas de Feraudy, à retenir l’option de l’investissement participatif (bonus de 3€/MWh) pour les installations puissantes. Ainsi, lors de la récente compétition (6e période) de l’appel d’offres pour les toitures et ombrières – par ailleurs peu souscrite -, 22% des projets y font appel, dont 18% pour les toitures de moins de 0,5 MW et 56% pour le segment 0,5 MW – 8 MW ; sur les 54 dossiers concernés, un seul a choisi l’option moins contraignante du financement participatif, avec un bonus de 1€ sur le prix de l’électricité.