Eolien : le Portugal rémunère le repowering à 45€/MWh

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© WPD

Au tour du gouvernement portugais de défricher le sujet du repowering éolien. Un décret publié le 31 janvier au Diario de la Republica (équivalent du Journal Officiel) instaure des avancées majeures pour les exploitants de parcs éoliens vieillissants, désireux de renouveler leurs installations.

45€/MWh

Le décret, que le lecteur trouvera en fin d’article, fixe à 45€/MWh la rémunération sur 15 ans de la nouvelle installation éolienne. Un montant que le gouvernement juge suffisant pour attirer les investissements tout en sauvegardant les finances publiques. Le gouvernement rappelle ainsi que ...

la fixation de ce tarif garanti ne devrait pas avoir « d’effet négatif sur le prix de l’électricité ».

L’autre volet de ce décret est réglementaire. Jusqu’à maintenant, les développeurs désireux d’entamer des travaux de repowering devaient demander l’autorisation à l’Entidade Reguladora dos Serviços Energéticos, le régulateur portugais. Un dossier complet devait être monté et approuvé par l’ERSE pour pouvoir lancer les opérations. Selon le secrétaire d’État à l’Énergie, João Galamba, les développeurs se seraient plaints des critères et délais appliqués à ces dossiers. Quelque 822 MW de demandes de repowering éoliens auraient ainsi été rejetés par le régulateur, en raison du tarif jugé trop élevé : 60€/MWh.

Le gouvernement semble donc avoir coupé la poire en deux en accordant un tarif de 45€/MWh, plus faible que les demandes des opérateurs. Mais en levant l’obligation d’autorisation du régulateur, il allège considérablement le parcours administratif des projets.

En France, c’est la taille qui compte

Les réglementations encadrant les opérations de repowering émergent peu à peu à mesure que les éoliennes du Vieux Continent arrivent en fin de vie. Mais les pays européens montrent des approches très diverses en la matière. Le Portugal a accepté de réduire au minimum les démarches administratives mais veut garder le contrôle des tarifs.

A l’inverse, l’Allemagne a maintenu d’importantes démarches administratives et le critère est arrêté sur le nombre d’éoliennes. Tous les projets de repowering doivent passer par une étude d’impact, sauf pour les parcs de moins de 3 turbines. Pour les parcs compris entre 3 et 19 machines, il revient à l’administration régionale de décider si une nouvelle étude d’impact est nécessaire après un premier examen préliminaire. Si tel est le cas, une enquête publique s’ajoute aux démarches administratives. Les opérations de repowering outre-Rhin restent très dépendantes des volontés des Länder, qui ont par ailleurs la main sur la fixation des distances minimum entre les éoliennes et les habitations.

En France, l’approche se focalise pour l’instant sur la taille des machines. La Direction générale de la prévention des risques (DGPR) a publié l’été dernier une circulaire instaurant une fourchette : en deçà de 10%, la DGEC recommandera seulement un « porté à connaissance ». Les augmentations de taille comprises entre 10% et 50% seront examinées au cas par cas par l’administration. Au-delà de 50%, un nouveau permis de construire sera nécessaire, ainsi que toutes les autorisations afférentes.

Consultez le décret sur le repowering au Diario Republica portugais ci-dessous (ou en PDF)