GreenYellow accélère à l’international

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(c) GreenYellow

Quand la filiale fait mieux que la maison-mère : 70% des investissements de GreenYellow, le bras énergétique de Casino, seront réalisés à l’international cette année. Pour sa part, le groupe de distribution de Saint-Etienne réalise encore la majorité de son chiffre d’affaires en France (19 Mds€), même si l’Amérique Latine tient un rang important dans l’activité (15,5 Mds€). Surtout, cette vigueur de GreenYellow hors l’Hexagone ne s’appuie plus seulement sur les implantations de Casino. Au Brésil par exemple, le développeur a conclu autour de 500 contrats de performance énergétique avec ...

un peu tout le monde : «
nous sommes l’une des plus grosses Esco* brésiliennes, avec des clients dans la distribution, la logistique, l’hôtellerie, la santé », illustre Otmane Hajji, président de GreenYellow.

Pour rappel, son entreprise se caractérise par un double savoir-faire, qui a d’abord répondu aux besoins de Casino : la production solaire sur toitures et ombrières de parking, et les économies d’énergie, prometteuses dans les gouffres thermiques qu’ont longtemps été les magasins.

Transitions insulaires

Mais ce modèle de départ s’est sophistiqué. Témoin cette centrale solaire de 16,3 MW inaugurée à l’île Maurice, en association avec le groupe de BTP local Joonas. Le début de transition énergétique dans cette île est-africaine, comme dans nombre de territoires isolés, devient le moteur de la croissance locale du développeur français. « Les autorités ont saisi l’intérêt de décarboner leur mix énergétique, y compris pour des raisons financières. Jusqu’à aujourd’hui, produire de l’électricité à Maurice coûtait environ 250$/MWh, alors que l’électricité était revendue aux alentours de 160$MWh. Le fossile est donc lourdement subventionné. En comparaison, le prix de l’électricité issu de notre nouvelle centrale solaire est de 125 $/MWh, pour un contrat sur 20 ans », explique le dirigeant.  De fait, avec ce prix de l’énergie solaire, GreenYelllow réalise de belles marges tout en étant compétitif sur place. Cette convergence d’intérêts entre les pouvoirs publics et les développeurs solaires se traduit par des appels d’offres alléchants, comme cette salve de 3 sessions de 15 MW programmée par l’île cette année.

150 MW en plus cette année

La nouvelle centrale mauricienne s’ajoute à plusieurs installations raccordées depuis 2009 par GreenYellow dans les îles de l’océan indien, dont une de 20 MW à Madagascar depuis mai 2018. « Le tout nous propulse en tête des producteurs solaires de la région, avec 70 MW en exploitation », affirme Julie Dorel, directrice marketing et communication. Tirée par la demande à l’export, l’accélération de la filiale de Casino dans le solaire devrait être vive cette année : 150 MW doivent venir s’ajouter aux 200 MW déjà en service, avec plus des deux tiers à l’international dont une bonne part dans l’Hémisphère sud.

L’expansion internationale de Casino a joué le rôle de base de lancement, mais GreenYellow tend à voler de ses propres ailes, de plus en plus loin. Y compris vers l’Asie, désormais  : « Nous avons des velléités au Vietnam et au Cambodge, en plus de la Thaïlande où nous sommes déjà présents », annonce Otmane Hajji. De fait, GreenYellow emploie aujourd’hui 150 personnes à l’international sur un effectif total de 300.
* Energy service company, Société de services énergétiques