Une centrale solaire thermique de 12 MW en préparation à Issoudun

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(Crédit : Arcon-Sunmark)

Quinze mille mètres carrés de capteurs solaires thermiques, pour 12 MW de puissance : ce gabarit sera une première en France. L’installation est prévue pour entrer en service en fin d’année prochaine dans une usine de production de malt, à Issoudun (Indre). Développée puis exploitée par NewHeat et financée par Kyotherm, sa production fera l’objet d’un contrat d’approvisionnement sur 20 ans  (HPA, heat purchase agreement) signé avec le propriétaire de l’usine, le groupe Boortmalt (filiale de la coopérative Axéréal), au prix de 30€/MWh.

Retour : douze ans

Le tarif se trouve compétitif avec celui du gaz, que la production solaire thermique (8,7 GWh prévus) va...

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en partie remplacer. En tout cas, l’été. “ En juillet-août, l’effacement du gaz sera quasi complet,” précise Arnaud Susplugas, président de Kyotherm. Cette parité tarifaire solaire-gaz fossile est rendue possible par une subvention de l’Ademe, de 3 M€ sur un investissement total de 6 M€ réalisé par Kyotherm. D’où l’intérêt stratégique du Fonds Chaleur de l’Ademe, aujourd’hui relancé

Pour sa part, le tiers-financeur Kyotherm, qui va revendre les calories à Boortmalt, attend un retour sur une douzaine d’années. On notera qu’une production plus importante aurait été possible grâce à d’éventuels réservoirs capables de stocker l’eau chaude pendant plusieurs semaines, mais ces ballons auraient doublé le coût du projet, selon Arnaud Susplugas.

Appel d’offres auprès des fabricants

Les trois hectares de capteurs vont servir à sécher puis à cuire l’orge, à une température de 67 C°. Un appel d’offres est en cours pour désigner le fabricant des appareils, sans doute choisi parmi les leaders du secteur que sont le danois Arcon-Sunmark, le finlandais Savosolar et l’allemand  GreenOneTec. Ces futurs 12 MW contribueront à “verdir” le mix énergétique de l’usine Boortmalt, qui dispose déjà d’une chaufferie biomasse pour 35% de ses besoins de calories, aussi financée en partie par le fonds Chaleur.

Quels arguments ont convaincu cette entreprise de franchir le pas ? “ Simplement le souhait d’améliorer le bilan carbone et de mieux communiquer vis-à-vis des clients, en bénéficiant en plus d’un tarif compétitif”, indique Arnaud Susplugas. D’autres contrats du même type pourraient être signés l’année prochaine et les partenaires de Kyotherm, comme NewHeat, s’activent aussi sur le sujet.

Selon Kyotherm, la centrale d’Issoudun sera la troisième centrale solaire thermique de gabarit industrielle, après celles ouvertes à Oman et au Chili. Dans le désert d’Atacama, le consortium Arcon Sunmark-Energia Llaima opère depuis 2012 une centrale de 37 MW pour le compte d’une mine de cuivre, remplaçant partiellement le fuel brûlé précédemment. A Oman, la centrale Miraah Solar, en production depuis novembre 2017, produit de la vapeur pour réchauffer le sous-sol de champs pétroliers. /am4show]