Kyotherm multiplie les centrales de chaleur renouvelable

Print Friendly, PDF & Email
Le projet de Saint-Chély-d’Apcher (Crédit Kyotherm)

Les projets s’accélèrent pour l’investisseur spécialisé dans le financement et la gestion de projets de production de chaleur renouvelable et d’économies d’énergie. Après la mise en service d’une centrale de géothermie en région parisienne en février dernier, Kyotherm a inauguré le 5 juin le raccordement d’un dispositif de récupération et de valorisation de la chaleur fatale sur un site d’ArcelorMittal, à Saint-Chély-d’Apcher, en Lozère.

Récupération de chaleur

Cette installation ...

va récupérer la chaleur perdue par des fours de recuit d’acier à plus de 1 000°C et valoriser cette énergie fatale pour les besoins de l’usine (production et chauffage) et le réseau de chauffage de la ville. Des échangeurs de chaleur permettront de capter jusqu’à 4,8 MW de chaleur. L’énergie sera distribuée grâce à un réseau d’1,2 km. Kyotherm intervient comme tiers financeur, Schneider Electric se chargeant de la conception et la construction des installations.

Ce projet a nécessité un investissement de 5,6 M€. Il a bénéficié d’aides de l’Ademe et de la région Occitanie. « Le dossier présentait plusieurs défis en termes de financement : le payback est un peu long, l’usine a une activité un peu cyclique… Nous avons dû mobiliser un financement de long terme de type Esco », souligne Arnaud Susplugas, président de Kyotherm.

Géothermie en région parisienne

Les montages innovants font partie de l’ADN de Kyotherm. En février dernier, la société d’investissement a mis en service son plus gros projet, une centrale géothermique de 20 MW à Marne-la-Vallée, à l’est de Paris, dont la production annuelle s’élève à 60 GWh. Kyotherm détient 85% de la société de projet, le solde appartenant à Engie Réseaux qui a construit et exploite l’installation. Cette centrale a représenté un investissement total de 40 M€, financé par Kyotherm, avec un pool bancaire (Bpifrance, Crédit foncier, Caisse d’Epargne) et une dette mezzanine contractée auprès de RGreen.

Un double PPA

Originalité du modèle : les deux tiers de la production sont vendus au pôle touristique Villages Nature et le dernier tiers tiers à Disneyland Paris, deux gros sites proches, distant de seulement neuf kilomètres l’un de l’autre. Des contrats d’achat (de type Power Purchase Agreements, ou en l’occurrence Thermal Power Agreements) ont été signés, sur 25 ans avec le premier client et 23 ans avec le second. Le prix de vente reste confidentiel.

« Les entreprises sont de plus en plus intéressées par les PPA, constate Arnaud Susplugas. Plusieurs facteurs les motivent : la hausse de la taxe carbone, la visibilité sur leur facture d’énergie sur le long terme et la volonté d’utiliser une énergie verte ».

Nouveau tour de table

Kyotherm travaille aussi sur un projet de solaire thermique de grande envergure (12 MW) destiné à la production d’eau chaude dans le centre de la France et un réseau de chaleur alimenté par de la biomasse, en Normandie. La société, fondée en 2011, gère plus de 40 MW de projets de chaleur renouvelable. Arnaud Susplugas annonce avoir engrangé pour environ 200 M€ de contrats sur la durée des différents PPA signés, en France et à l’international. Après plusieurs levées de fonds, il s’apprête à boucler un nouveau tour de table pour financer ses développements.