Lendosphere passe la barre des 30 M€ et aborde le « bridge financing »

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Si l’on en croit les résultats de la plateforme leader du financement participatif 100% énergies renouvelables, le secteur continue à se porter comme un charme. La collecte de Lendosphere frise les 10 M€ à fin septembre, soit une augmentation de 36% par rapport à la même période l’an dernier. Pour rappel, fin 2015, un an après son lancement, Lendosphere avait collecté 2 M€. Le rythme annuel est donc maintenant 5 fois plus élevé. Depuis 2014, 30 M€ ont été confiés à la société, par 9 000 épargnants.

Le plafond saute, ou presque

Pour autant, cette performance n’est pas une exception. Au premier semestre 2018, le crowdfunding français tous secteurs confondus a vu sa collecte augmenter elle aussi de 36%, passant de 153 M€ à 206 M€, selon le baromètre de l’association Financement Participatif France avec KPMG.

Lendosphere y figure au 4e rang, toutes catégories. « Nos plateformes ont profité du relèvement du  ...

plafond de collecte fin 2016, de 1 M€ à 2,5 M€, explique Amaury Blais, cofondateur. On peut penser que le nouveau maximum de 8 M€, prévu pour la fin de l’année, aura aussi un effet accélérateur ».

De fait, les plateformes vont avoir les moyens d’intervenir sur le financement de projets de plus en plus volumineux et d’y jouer un rôle croissant. Cas typique : un parc éolien de plusieurs turbines, en phase de préconstruction et qui n’a pas encore tous les éléments pour boucler son financement bancaire. Lendosphere – et ses concurrents – vont pouvoir proposer du bridge financing, comme le font d’autres acteurs comme RGreen Invest, Rive ou Eiffel Group.

Les appels d’offres ne suffiront pas

Ce changement d’échelle pourrait mettre le financement participatif EnR tricolore à l’abri des dommages collatéraux causés par les nouvelles conditions des appels d’offres EnR depuis fin 2017. Certes, les projets issus des premiers tranches des compétitions solaires (CRE 4 T1, T2, T3) alimentent aujourd’hui la collecte des plateformes. Mais ce robinet va se fermer progressivement, sauf si le cahier des charges est de nouveau amendé par l’administration ou si les plateformes parviennent à multiplier les efforts et surtout les alliances pour garantir le succès des collectes locales.

Depuis début 2018, les développeurs font de toute façon moins appel à cette solution pour co-financer leurs initiatives. Mais est-ce si grave ? « Les projets issus des premières sessions des appels d’offres solaires ne représentent qu’un tiers de nos activités. Nous avons d’autres fers au feu », signale Amaury Blais. Ainsi, Lendosphere se trouve de plus en plus sollicité directement par les collectivités et en particulier par les sociétés d’économie mixte (SEM). Et comme ses homologues Enerfip, Wiseed, Lumo, Lendopolis, Tudigo…, le site devrait bénéficier à plein des nouvelles possibilités offertes à l’épargne participative, à partir de l’année prochaine.