Hydrogène de France prépare un méga-projet en Guyane et un plus petit en Martinique

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(Crédit : Hydropène de France)

« Le driver de ce projet, ce n’est pas la technologie, c’est le marché », annonce Sylvain Charrier, directeur du développement d’Hydrogène de France (HDF). Ce développeur-intégrateur vient d’annoncer un méga-projet de stockage de 140 MWh et 90 M€ en Guyane, à base d’hydrogène et de batteries, associés à une centrale solaire de 55 MW. Situé près de Mana, une commune de l’ouest du département déficitaire en électricité du fait de la croissance de sa population, le projet est considéré par EDF SEI comme compétitif. Il est désormais entré dans la phase des demandes d’autorisations. Un permis de construire est espéré en septembre.

Un benchmark de centrale classique

Le projet, baptisé CEOG, pour Centrale électrique de l’ouest guyanais, prévoit un début de chantier à l’été 2019 et une mise en service à l’automne 2020. « Nous sommes en mesure de proposer un MWh ...

proche du prix moyen de l’électricité en Guyane – très élevé, NDLR -, avec une énergie 100% renouvelable et surtout, de le faire de façon régulière en assurant une disponibilité de 85%, pour une puissance de 10 MW dans la journée et 3 MW la nuit. C’est une première mondiale », assure Sylvain Charrier. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas là d’un démonstrateur mais d’un projet industriel à part entière, qui se compare à une centrale électrique conventionnelle et bénéficie d’un contrat capacitaire standard d’EDF SEI. Les investisseurs sont pour l’instant confidentiels mais devraient être bientôt présentés.

Le projet guyanais pourrait être précédé d’un autre, plus petit (1 MW), en Martinique, pour la récupération et le stockage de l’hydrogène que sous-produit la raffinerie pétrolière Sara (Société anonyme de la raffinerie des Antilles). Aujourd’hui gaspillé, l’H2 va servir à fabriquer de l’électricité. Le projet devrait être mis en service dès cette année.

Prospection internationale

Créée en 2012 par Damien Havard, toujours propriétaire, et basée à Lormont en Gironde, Hydrogène de France annonce 2 M€ de chiffre d’affaires, plutôt alimenté par des missions de conseil pour l’instant. Convaincu des perspectives de l’hydrogène renouvelable et du stockage de masse pour la production régulière d’électricité – il a d’ailleurs déposé le terme « renewstable » – le développeur évoque des pistes prometteuses dans les Caraïbes non francophones, au Chili, en Australie – où il dispose d’un bureau – et en Indonésie.

Les Zones non interconnectées françaises vont devenir un laboratoire de la transition énergétique en général et du stockage en particulier. A part la Corse et Wallis et Futuna, tous les DOM français doivent viser 50% d’EnR dans le mix électrique en 2020 et l’autonomie énergétique dans douze ans. Mais leur mix électrique actuel reste composé à 66% d’énergie fossile et même à 90% en Martinique et à Mayotte. Attention, l’électricité n’est qu’un terme de l’équation puisque les transports représentent les deux tiers de la consommation d’énergie des DOM.