En Ecosse, l’éolien flottant injecte ses premiers électrons dans le réseau

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(Crédit : Statoil)

Après l’inauguration de Floatgen la semaine dernière à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), au tour de l’Ecosse de célébrer l’arrivée de l’éolien flottant. Mais c’est une entrée en production qui est fêtée à 25 km au large de Peterhead, près d’Aberdeen, en présence du Premier ministre écossais, Nicola Sturgeon.

Le projet Hywind, construit par l’énergéticien norvégien Statoil et l’investisseur EnR emirati Masdar (25%), comprend 5 turbines Siemens-Gamesa de 6 MW et 75 mètres de hauteur. Elle sont stabilisées par la technologie Spar, ie un cylindre d’acier immergé de 91 mètres, dans des eaux de 95 à 129 mètres de profondeur – une solution totalement différente du flotteur Ideol, entre autres. Confiée au consortium Navantia Windar, la construction des cinq fondations à Fene, en Espagne, avait commencé en mars 2016 et la livraison, effectuée en avril et mai dernier. Ce fournisseur avait finalement été préféré au français Technip,  ...

qui avait travaillé sur le prototype

Non seulement flottant, mais aussi doté de stockage

Les deux porteurs du projet ont investi 200 M£ (224 M€) dans Hywind, qui prévoit aussi un dispositif de stockage de 1 MWh sur batteries, pour réguler l’électricité produite. Hywind bénéficie de ROCs (certificats verts proches du complément de rémunération, à 45,58 £/MWh cette année) d’un coefficient de 3,5. Selon une porte-parole de Statoil, le prix garanti ressort à 140 £/MWh (156€).

Les coûts devraient baisser fortement dans cette filière, de la même façon qu’ils se sont effondrés dans l’offshore posé, grâce à l’industrialisation et à l’augmentation de la capacité par machine. Vendredi dernier à Saint-Nazaire, Paul de la Guérivière, fondateur d’Ideol, signalait que « 80% des coûts des éoliennes Floatgen seront partagés avec le posé, car le flotteur Ideol est compatible avec les éoliennes marines standard. »

La technologie flottante a pour caractéristique de démultiplier les zones accessibles à la production éolienne et, en Europe, de rendre accessibles les fonds écossais justement, mais aussi méditerranéens ou encore bretons, rapidement supérieurs à 50 mètres. Selon Giles Dickson, directeur général de l’association WindEurope, interrogé par notre confrère Recharge, le potentiel du continent serait colossal, autour de 4 000 GW. Ex-capitale européenne du pétrole, Aberdeen va devenir un haut lieu de l’éolien flottant, puisque le  projet Kincardine, développé par Atkins et Pilot Offshore Renewables, y est prévu pour 50 MW, mais selon un calendrier qui reste à préciser.