Du champagne et des pétards pour fêter Floatgen

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Reportage à Saint-Nazaire –

(Crédit : Ideol)

L’éolienne flottante Floatgen, la première de France et l’une des premières du monde, a été inaugurée en grande pompe et sous haute surveillance policière ce matin à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, Barbara Pompili, responsable de la Commission développement durable de l’Assemblée nationale, et les représentants d’à peu près toutes les parties prenantes du projet ont célébré la fin de la construction de la machine. A une centaine de mètres, plusieurs dizaines de dockers en colère brûlaient des pneux, lançaient des canettes et quelques pétards de calibre respectable autour du village officiel, protégé par un escadron de CRS et transformé en camp retranché.

Combien d’emplois dans les EMR ?

La juxtaposition des scènes était d’autant plus saisissante que les syndicalistes protestaient contre la fermeture programmée… de la centrale thermique de la région, à Cordemais. « Cette centrale à charbon peut être équipée d’un dispositif anti-émissions de CO2. Il est hors de question de perdre cet outil de production », explique Pascal Pontac, secrétaire général CGT du Port de Nantes-Saint-Nazaire. Ce syndicaliste précise ne pas être opposé au projet Floatgen ni à l’éolien marin en général. Bien au contraire, puisque des créations d’emplois sont à la clé. S’il en avait eu la possibilité, Pascal Pontac aurait donc écouté avec attention Nicolas Jestin. Car quelques instants auparavant, ce responsable commercial de Bouygues Travaux Public expliquait, sous le chapiteau Floatgen, que la fabrication du flotteur en béton dans le port de Saint-Nazaire avait créé 70 emplois directs et fait travailler 70 entreprises sous-traitantes.

Un baptême puis une mise à l’épreuve

Les lignes d’ancrage en nylon (Crédit : Ideol)

Désormais bel et bien flottante mais encore à quai, l’éolienne rejoindra le centre d’essais Sem-Rev en début d’année prochaine, pour y passer deux ans sous haute surveillance. A 22 kms des côtes et face à l’Atlantique, le site est plutôt agité et devrait mettre à rude épreuve l’ensemble de la structure. A commencer par les attaches en nylon (220 mm) qui relient l’appareil (60 mètres de hauteur et 80 mètres de rotor) au fond, 33 mètres plus bas. C’est le but recherché par le consortium et notamment par Ideol, inventeur et constructeur du flotteur en forme d’anneau carré : « Nous aurons un retour d’expérience complet avant de démarrer la construction des  éoliennes d’EolMed », annonce Paul de la Guérivière, président de la jeune société. Il rappelle qu’un autre démonstrateur est en construction au Japon, ce qui doublera la base de référence.

Prochaine grande étape : EolMed

Le projet EolMed