Biométhane liquéfié porté : Naskeo ouvre le bal

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(Source : Naskeo)

Dans le Loir-et-Cher, un paradoxe écologique est sur le point d’être résolu… Les zones agricoles, excellents gisements à biogaz grâce au fumier, lisier et déchets végétaux générés, sont aussi les moins bien raccordées au réseau de gaz. Plusieurs projets sont dans les tuyaux en France pour contourner ce problème grâce au biogaz liquéfié et transporté… La pionnière du genre est l’unité de méthanisation que Naskeo Environnement ...

construit actuellement à Savigny-sur-Braye.

« C’est, selon nos informations, une première mondiale. A Stockholm, en Suède, on utilise du gaz compressé à 250 bars et porté, mais pas liquéfié », se félicite Sylvain Frédéric, directeur associé de Naskeo Environnement. Fondée en 2005, l’entreprise regroupe 35 salariés pour développer des usines de méthanisation agricole et territoriale. Naskeo (10 M€ de CA en 2016) doit construire un deuxième site de production de biogaz porté au printemps 2016, dans le sud de la France.

Investissement de 6 M€

Dans le Loir-et-Cher, les travaux de terrassement ont débuté en décembre, ce qui doit permettre au site d’entrer en service au second semestre pour une injection de biométhane dès la fin 2017. Pour un investissement total de 6 M€, l’unité produira 150 normaux mètres cubes de méthane par heure, soit l’équivalent de 600 kW électriques installés. « Le seuil minimal de rentabilité se situe à 130 normaux mètres cubes pour les projets collectifs agricoles », estime le dirigeant.

Le gaz sera ainsi produit à Savigny-sur-Braye sur un site installé entre 17 exploitations adhérentes et fonctionnera grâce à deux salariés à temps plein ou équivalent. Les 34 éleveurs associés de la SAS Methabraye, fondée en 2012, possèdent des vaches laitières, des bovins allaitants, des porcs et des volailles, portant le gisement de matières organiques à 29 536 tonnes par an (86% de fumier et lisier, 14% de déchets végétaux).

16 kilomètres

Le biométhane obtenu sera ensuite liquéfié pour être transporté deux fois par semaine par camion (plus précisément, par « citerne cryogénique sur remorque routière ») jusqu’à Vendôme. C’est dans cette ville située à 16 km du site de production que se déroulera la regazéification et l’injection sur le réseau à un tarif d’environ 11c€/KWh (prime effluents incluse). Dans le cadre de ce projet, la solution de portage de gaz retenue est celle du bureau d’études Astrade. Le procédé d’épuration et de liquéfaction est fourni par la société lotoise Verdemobil, créée en 2008.

Le surcoût par rapport à une production de biométhane directement injecté sur le réseau est estimé entre 5 et 10€ par mégawattheure vendu. La liquéfaction et le transport consommant de l’énergie carbonée, il est théoriquement intéressant de s’associer à des collectivités locales ou des entreprises pour financer une station de gaz carburant, destiné aux flottes captives. « En cas d’utilisation du biogaz comme carburant, le tarif d’achat relatif à l’injection ne s’applique pas. Mais le véritable problème reste actuellement la rentabilisation de ce type de stations, d’une durée de 6 ans en général », souligne le dirigeant.