L’Allemagne valide son schéma de raccordement pour l’éolien offshore à 10 ans

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Parc éolien de Butendiek (Crédit : Anne-Claire Poirier)
Parc éolien de Butendiek 
(Crédit : Anne-Claire Poirier)

En Allemagne, l’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) a validé, en début de semaine, un plan de développement à 10 ans du réseau électrique en mer pour raccorder les futurs parcs éoliens offshore (Offshore-Netzentwicklungsplan 2025).

7 lignes électriques validées

L’Agence a confirmé la construction d’ici à 2025 de quatre lignes électriques en mer du Nord, de 900 MW chacune et en HVDC (courant continu haute tension). Trois lignes de 250 MW en courant alternatif ont également été validées en mer Baltique.

Plus précisément en mer du Nord : la ligne Dolwin6 (Nor-3-3) est prévue pour 2023, Dolwin5 (Nor-1-1) pour 2024, Borwin5 (Nor-7-1) et Sylwin2 (Nor-5-2) pour 2025. En mer Baltique, Ost-2-1 et Ost-2-2 seront livrées en 2021 et Ost-2-3 en 2022 (voir ci-dessous).

L’idée est ...

d’installer, en amont de la construction des parcs, un réseau de câbles reliant les principales « zones éoliennes en mer ». Le plan repose sur les prévisions gouvernementales selon lesquelles la capacité installée dans l’éolien offshore atteindra 10,75 GW en 2025 (contre 3,5 GW à mi-2016), dont 8,9 GW en mer du Nord et 1,8 GW en mer Baltique.

La mission est supportée quasi-exclusivement par le gestionnaire de réseau néerlandais TenneT (qui a racheté en 2010 la filiale de l’énergéticien allemand E.ON, Transpower grid), lié par contrat à l’État allemand. L’entreprise s’est, entre autre, engagée à investir quelque 21 milliards d’euros d’ici à 2020 dans le réseau allemand. En juin dernier, elle a d’ailleurs émis un green bond d’un milliard d’euros pour financer l’installation de trois câbles offshore d’une puissance maximum de 2,6 GW. L’installation d’un de ces trois câbles (Dolwin 3, 900 MW) a d’ailleurs été sous-traitée à Alstom Grid.

L’éolien en mer passe aux appels d’offres

Le Parlement allemand a adopté durant l’été la nouvelle réforme du mécanisme de soutien aux EnR (EEG 2016) qui généralise les appels d’offres dès 2017 pour l’éolien terrestre, le solaire et la biomasse.

Dans l’éolien offshore, l’État prévoit de mettre en place un système d’appel d’offres de type top-down en désignant lui-même les zones qui seront soumises à compétition. Or jusqu’ici, c’était la logique inverse qui prévalait, c’est à dire que les développeurs identifiaient une zone et y développaient un projet avant de le soumettre à la validation de l’Office fédéral allemand pour la navigation et l’hydrographie (Bundesamt für Seeschifffahrt und Hydrographie). Pour permettre aux projets déjà bien avancés de pouvoir aboutir, le gouvernement prévoit deux appels d’offres intermédiaires en mars 2017 et mars 2018 qui permettront aux développeurs de présenter leurs projets sur les zones de leur choix (sur le modèle des AO solaires en France). La puissance maximale de chacun des deux appels d’offres est fixée à 1 550 MW et le tarif d’achat fixé à 120 €/MWh maximum, sur 20 ans. Les projets devront entrer en service respectivement en 2021 et 2025. Après cela, le système d’appel d’offres « centralisé » prévaudra, à raison de 800 MW alloués par an sous le régime du complément de rémunération.

  • Voir le schéma de raccordement éolien en mer allemand ci-dessous ou ici (PDF)