Smart Impulse à la recherche d’une nouvelle impulsion

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Smart Impluse« Nous sommes leader mondial dans notre domaine », affirme Charles Gourio, l’un des trois jeunes – 29 ans de moyenne d’âge – fondateurs en 2011 de Smart Impulse. Leur start-up est capable de décrire dans le détail la consommation électrique d’un bâtiment existant en décryptant, via des algorythmes, le signal électrique du tableau général. Le compteur, baptisé Smart Analyzer, ...

indique qui consomme et quand (éclairage, informatique, ventilation, etc.) sans qu’aucun capteur ne doive être installé. La technologie a beaucoup intéressé Engie, qui accompagne la société depuis 2015 via l’incubateur « Pour une meilleure énergie dans la ville » de Paris&Co.

Reconnaître chaque appareil par sa « signature » électrique

« La mesure non intrusive de la consommation électrique, appelée NIALM*, existe depuis pas mal de temps, notamment par la mesure à distance des variations de puissance. Le problème : cette technologie est inopérante sur les grands bâtiments, car le nombre d’événements est trop important », explique Charles Gourio. D’où l’idée des créateurs de Smart Impulse, tous ingénieurs de l’Ecole Centrale, de mettre au point une technologie plus puissante capable de reconnaître les signaux électriques haute fréquence caractéristiques de chaque appareil. Un travail de R&D mené entre 2008 et 2011 et qui a débouché sur le dépôt de cinq  brevets. L’année dernière, l’équipe de Smart Impulse, composée désormais de 25 collaborateurs, a complété sa gamme avec un Smart Tag, un capteur installé sur les tableaux électriques annexes qui livre lui une vision des consommations par zones du bâtiment.

Les données sont accessibles sur une plate-forme et la société propose aussi des interfaces qui permettent au client de customiser les données sur son système maison. Pour l’instant, deux types de populations sont intéressées par l’offre de la société, qui annonce 400 bâtiments équipés dans 16 pays : d’une part les grandes entreprises (comme Total, Crédit Agricole BNP-Paribas, Macif…) qui veulent conserver la gestion technique de leurs immeubles et possèdent une équipe d’energy managers et de l’autre les opérateurs de services énergétiques, notamment le duo que forment Cofely, filiale d’Engie, et Dalkia, filiale d’EDF.

Les investisseurs ne se bousculent pas

Jusqu’ici tout va bien. Sauf que depuis sa création, Smart Impulse, dont le profil sur le papier a tout d’une pépite technologique, est allée beaucoup moins vite que prévu dans son plan de marche initial. Deux levées de fonds ont bien été réussies, mais à des niveaux modestes : 300 000 et 500 000 euros, une nouvelle collecte étant prévue pour le second semestre 2016. Par comparaison, la start-up californienne Verdigris, quasi alter ego de Smart Impulse, a levé 9 M$ depuis décembre 2015.  « Quand on a lancé notre solution, nous avons identifié un énorme potentiel. Mais nous avons été ensuite assez frustrés par le rythme réel de l’activité », reconnaît Charles Gourio, qui ne dévoile pas le chiffre d’affaires  de son entreprise.

Pourquoi ce retard à l’allumage de ce côté-ci de l’Atlantique ? « Le manque d’intérêt réel en France pour l’efficacité énergétique, l’absence de cadre contractuel incitatif, le défaut d’organisation des entreprises en la matière ».  Charles Gourio fait par exemple remarquer le désintérêt des entreprises à l’égard de l’audit énergétique, un outil « ni fait ni à faire, certes obligatoire mais tout de suite rangé dans un tiroir une fois réalisé ». Ce professionnel croit un peu plus aux travaux dans le tertiaire, avec obligation de résultats côté performance énergétique, si le décret attendu veut bien être publié. Pour réussir dans l’efficacité énergétique, même quand on détient une technologie exclusive et avancée, l’algorythme vraiment déterminant semble celui qui combine la patience et la longueur de temps.

*Non Intrusive Appliance Load Monitoring