Ecomobilité : Drivy fait le plein avant son tour d’Europe

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(Crédit : Drivy)
(Crédit : Drivy)

Petit secteur devenu grand, la mobilité collaborative flirte de plus en plus avec les millions, sur fond de concentration accélérée. Au début du mois, Koolicar empochait 18 M€ et embarquait PSA à son bord, OuiCar est passée l’été dernier sous l’aile de la SNCF avec 28 M€. Aujourd’hui, c’est au tour de Drivy d’empocher 31 M€ supplémentaires, de quoi confirmer ses ambitions à l’étranger.

Longueur d’avance

Au coude à coude avec OuiCar il y a encore deux ans, Drivy a pris une longueur d’avance l’année dernière sur le marché de la location de voitures entre particuliers. Dans la foulée d’une levée de fonds de 8 M€ en avril 2015, la plateforme a racheté presque coup sur coup Buzzcar, Livop et Autonetzer (en Allemagne), s’installant du même coup outre-Rhin puis, plus récemment, en Espagne. Et la jeune pousse, créée en 2010 par Paulin Dementhon, ne devrait pas s’arrêter là puisqu’une nouvelle levée de fonds vient alimenter ses rêves de grandeur.

47 M€ levés

Ce quatrième tour de table, de 31 M€, ...

est mené à hauteur de 18 M€ par deux nouveaux actionnaires : les fonds Cathay Innovation et Nokia Growth Partners. Le Fonds Écotechnologies de l’Ademe, au capital depuis avril 2015, a réinvesti 7 M€, tandis que Via-ID et le suisse Index Ventures complètent le tour. Alven Capital, dont le véhicule d’investissement est en fin de vie, n’a pas pu suivre l’opération. Au total, Drivy a levé 47 M€ d’euros depuis sa création, abandonnant la majorité de son capital aux financiers. Paulin Dementhon reste quand même actionnaire de son entreprise.

Coiffer les concurrents au poteau

Selon Mathieu Rouget, directeur d’investissement du fonds Ecotechnologies, « l’entreprise était suffisamment fundée pour tenir encore plusieurs mois, mais face aux nombreuses marques d’intérêts venant d’investisseurs, la levée de fonds envisagée pour 2017 a été avancée ». Elle permet à Drivy d’accélérer encore à l’international, avec l’ouverture de trois nouveaux pays d’ici fin 2016, dont le Royaume-Uni. « 14 pays d’Europe ont été identifiés à court et moyen termes avant l’Asie et les États-Unis à plus long terme », confie Mathieu Rouget. Le rachat de concurrents à l’étranger n’est pas exclu pour faciliter l’implantation.

Pour l’heure, Drivy revendique 36 000 voitures disponibles, 850 000 utilisateurs et plus de 1,4 million de jours de location réalisés à date. Elle est en revanche moins bavarde en ce qui concerne son chiffre d’affaires. Avant d’être rentable, elle vise avant tout à coiffer ses concurrents au poteau.

Sur une équipe de 70 personnes – bientôt portée à 150 –, Drivy consacre un tiers de ses effectifs aux activités technologies et produits : elle mise notamment beaucoup sur le déploiement de Drivy Open, technologie permettant d’ouvrir les portes du véhicule avec un smartphone et de louer en self-service. Disponible sur 300 véhicules à Paris, elle a donné lieu à 2800 locations et les retours positifs devraient faciliter une expansion rapide du dispositif ces prochains mois avec la mise sur pied d’une équipe dédiée à l’équipement des véhicules. Drivy travaille sur d’autres applications, impliquant notamment des professionnels, sans pour autant s’écarter de son cœur de métier. Elle a ainsi abandonné Drivy Parking, qui consistait à déposer sa voiture dans un parking Drivy pendant ses vacances afin que l’entreprise s’occupe de la louer.

Vers un fonds Écotechnologies 2 ?

Doté de 150 M€ au départ, le fonds Écotechnologies a investi dans 10 start-up depuis 2012. Il devrait encore boucler quatre ou cinq opérations avant d’avoir utilisé toute son enveloppe. La création d’Ecotechnologies 2 est encore en discussion.

Entreprise Année
Actility Octobre 2012
McPhy Janvier 2013
Ijenko Février 2013
Coldway Juin 2013
Nenuphar Avril 2014
Ez-Wheel Février 2015
Aledia Juin 2015
Vulog Septembre 2015
Techniwood Novembre 2015