La France à l’heure des compteurs communicants [3/7]

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internet-of-thingsEn France, la révolution numérique est en marche et l’énergie n’y échappe pas. A la clé, du smart dans les réseaux, la maison et la gestion de l’énergie. À côté de l’effacement, abordé dans le précédent volet de notre dossier, l’autre grande révolution à venir est la généralisation des compteurs communicants électrique (Linky) et à gaz (Gazpar). Un marché cumulé de 6 milliards d’euros d’ici à 2022.

Ces compteurs ...

de nouvelle génération ouvrent la voie à la télérelève en temps réel, la maintenance à distance, les tarifications spécifiques et la maîtrise plus fine des consommations d’énergie.

Linky : une réalité industrielle

Avec plusieurs années de retard, le compteur communicant Linky est devenu une réalité économique fin 2013, grâce à un appel d’offres lancé par ERDF pour un premier lot de 3 millions de compteurs et 80 000 concentrateurs, à installer entre mi-2015 et fin 2016. Un marché de 250 millions d’euros, sur un projet global de 5 milliards d’euros visant à installer 35 millions de Linky sur six ans, entre 2015 et 2021.

Mi-2014, six entreprises ont été sélectionnées pour cette première vague et ont annoncé ou confirmé leurs sites de production. En effet, le contrat qui les lie à ERDF comprend notamment l’obligation de produire en France. Trois équipementiers sortent du lot : le français Sagemcom (à Dinan, Bretagne), l’américain Itron (à Chasseneuil-du-Poitou, Poitou-Charentes) et le suisse Landis+Gyr, filiale de Toshiba (à Montluçon, Auvergne). Les trois autres sont le français Maec (Cahors, Midi-Pyrénées), l’allemand Elster, qui installera une usine Linky en Picardie et l’espagnol Ziv, qui a décidé d’installer à Grenoble une chaîne de fabrication en mesure de fabriquer plus de 2 millions de compteurs Linky.

Itron et Landis+Gyr avaient participé aux expérimentations passées d’ERDF à Lyon et en Indre-et-Loire, tout comme le slovène Iskraemeco qui, lui, n’a pas été retenu sur cet appel d’offres. ERDF sélectionnait début 2015 les entreprises de pose des 10 premiers millions de compteurs.

Gazpar décolle aussi

Le compteur communicant à gaz Gazpar est également lancé, pour un déploiement de 11 millions d’exemplaires et 15 000 concentrateurs de 2016 à 2022, pour un coût total estimé à 1 milliard d’euros. 2015-2016 sera une période de tests industriels et de phase pilote (150 000 Gazpar en Bretagne, Ile-de-France, Rhône-Alpes et Haute-Normandie). GRDF a déjà constitué une grande partie de son équipe pour la fabrication, le déploiement et l’exploitation de Gazpar. Atos Worldgrid va piloter l’intégration globale du projet et assurera le lien avec les autres industriels sélectionnés, notamment les fabricants des compteurs. Sagemcom est le grand gagnant du marché (compteurs, plate-forme logicielle de gestion des communications, modules radios et concentrateurs).

En détail, trois consortiums captent 90% du marché en volume financier : Sagemcom associé au roumain AEM (4,7 millions de compteurs), General Electric (via sa filiale Dresser) associé au français Sappel (filiale de l’allemand Diehl Metering) et Itron. Trois autres groupes sont dans la boucle : Elster, le français Gazfio (filiale de l’italien Pietro Fiorentini) et le néo-zélandais Metrix. Dans l’écosystème, Gazpar se trouvent aussi Capgemini, Ondeo Systems, Kerlink ou encore Steria.