Sigfox lève 100 millions d’euros avant la Bourse

Print Friendly, PDF & Email
Anne Lauvergeon et Ludovic Le Moan
Anne Lauvergeon et Ludovic Le Moan

L’étoile montante de l’internet des objets a de nouveau fait crépiter les flashs, ce mercredi, à l’annonce d’une levée de fonds record de 100 millions d’euros, neuf mois après avoir recruté l’ex patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, comme présidente du conseil d’administration. Au côté de son copilote, Ludovic Le Moan, elle a détaillé face à la presse une stratégie de conquête internationale… sinon plus !

Souscription à 130 millions d’euros

Alors qu’elle aurait pu lever 130 millions d’euros, Sigfox n’en récolte finalement « que » 81 millions ...

 dans un premier temps. Une réserve de surallocation de 19 millions d’euros permettra de faire entrer de nouveaux partenaires d’ici les prochains mois. « Il fallait avancer et quelques investisseurs avaient besoin de temps pour se décider, donc nous leur laissons cette réserve », a expliqué Ludovic Le Moan.

Air Liquide, GDF Suez et Eutelsat au capital

Pour l’heure, les 81 millions d’euros sont majoritairement apportés par les soutiens historiques de Sigfox – Elaia, Ixo PE, Partech Ventures, Intel Capital, Idinvest et Bpifrance (via Ambition numérique et Large Venture) – ainsi que par le fonds new-yorkais Elliott Management Corporation. Les deux copilotes signalent également l’arrivé de trois opérateurs télécoms internationaux : l’espagnol Telefonica, le sud-coréen SK Telecom et le japonais NTT Docomo Ventures (également au capital de SunPartner). « D’abord perçu comme un concurrent des opérateurs, Sigfox est désormais reconnu comme un partenaire avec une solution complémentaire des offres de connexion haut-débit existantes », s’est réjouit Anne Lauvergeon. Trois industriels français – Eutelsat, Air Liquide (via son véhicule d’investissement Aliad) et GDF Suez – se joignent également au tour, mais via une participation beaucoup plus réduite.

Prochaine étape : le Nasdaq

De la pléiade d’acteurs qui se partagent désormais le capital de la start-up – les 80 salariés sont également actionnaires – aucun ne détient la majorité assurent Anne Lauvergeon et Ludovic Le Moan. « Le capital de Sigfox est assez éclaté et il n’y a pas eu de changement de pouvoir ou de majorité à l’issue de ce tour de table », ont-ils expliqué.

En quatre levée de fonds, Sigfox aura ainsi levé près de 130 millions d’euros. La prochaine levée se jouera certainement au Nasdaq, où Ludovic Le Moan prévoit d’introduire sa société. « Les dix huit mois qui viennent seront consacrés à la préparation de notre entrée en Bourse, a-t-il expliqué. D’ici là nous souhaitons avoir commencé le déploiement de notre réseau dans une quarantaine de pays ».

1000 projets veulent être connectées Sigfox

Les applications Sigfox (Source: Sigfox)
Les applications Sigfox
(Source: Sigfox)

Avec son réseau de communication dédié aux objets connectés économe en énergie, Sigfox a déjà couvert plus de deux millions de km2 et quatre pays européens – la France, l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Elle a obtenu en août dernier l’autorisation de l’autorité de régulation des télécoms américaine (FCC) et sera donc prochainement aux États-Unis.

Focalisé sur le bas débit, le réseau Sigfox revendique une efficacité record pour un coût dérisoire : « à partir d’un million d’objets connectés, le prix revient à 1€ par objet et par an, soit dix fois moins que les opérateurs concurrents », explique Ludovic Le Moan. Côté consommation d’énergie, la puissance d’émission d’un émetteur se chiffre en nano ou microwatts, expliquent les concepteurs.

La société revendique actuellement 400 000 objets connectés à son réseau et environ 1000 sociétés ont déjà acheté le kit de développement Sigfox pour développer des objets connectés compatibles. En France, c’est notamment le cas d’Agora Energy. GDF Suez et Air Liquide devraient prochainement s’y mettre.

Constellation satellite

Le réseau Sigfox peut servir de support à toutes sortes d’applications, de la télérelève des compteurs communicants à la sécurité/assistance à la personne en passant par les innombrables applications liées à la smart city.

Pour couvrir une zone toujours plus étendue, Sigfox vise la constellation satellite. Le groupe a déjà pu tester la réceptivité de ces antennes à des signaux envoyés depuis le satellite Spot 7. De quoi accompagner des ambitions… planétaires.