Start-up des cleantech : témoignages d’entrepreneurs et conseils des investisseurs

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Photo : Mortimer de Valence

Le troisième Observatoire des start-up françaises des cleantech, présenté le 11 mars chez Bpifrance dans la cadre d’une soirée organisée par GreenUnivers, les business angels de DDIDF et l’association CleanTuesday, a réuni les dirigeants de fonds et réseaux de business angels spécialisés, des start-up qui ont pitché et d’autres pour qui cela n’est plus qu’un souvenir.

Photo : Mortimer de Valence
S. Savel, P. Laurent, D. Dornbusch. Photo : Mortimer de Valence

 

 

Au programme des échanges, notamment, les principales difficultés que doivent surmonter les jeunes pousses en France, les facteurs clés de succès pour réussir un bon pitch et surtout pour développer sa start-up. Florilège.

 

Le contexte

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E. Marty. Photo : Mortimer de Valence

 

«  Non seulement c’est le bon moment pour investir dans les cleantech, mais c’est même le meilleur : les problèmes (changement climatique, finitude des énergies fossiles, etc.) adressés subsistent, et en outre, nous avons parcouru la partie la plus difficile de la courbe d’apprentissage. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans l’évangélisation mais dans la commercialisation et la consolidation. Il va maintenant falloir disséminer dans les tous les secteurs de l’économie. »

 

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O. Dupont. Photo : Mortimer de Valence

« Le secteur des cleantech est dynamique partout. S’il semble passé au second plan aux yeux des gouvernements, en revanche les grands groupes déploient des moyens importants pour s’y positionner. »

 

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F. Léger. Photo : Mortimer de Valence

« Dans la période difficile que nous traversons, ceux qui tirent leur épingle du jeu sont ceux qui exportent et innovent. »

«Il existe en France 6000 aides destinées aux entrepreneurs, personne ne peut donc être spécialiste du sujet, et  les start-up ont bien besoin d’être accompagnées pour s’y retrouver.»

 

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F. Utzmann. Photo : Mortimer de Valence

Frédéric Utzmann, fondateur de Certinergy.

« Dans un pays très centralisé, qui compte de nombreux champions internationaux dans les cleantech, ce n’est pas facile pour une start-up. »

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T. Lepercq. Photo : Mortimer de Valence

 

 

 

Thierry Lepercq, fondateur et président de Solairedirect

« Le contexte français est très négatif, la concurrence y est vilipendée de toutes parts car elle menace des monopoles dans un pays qui ne fait pas de croissance. »

« Pour moi, ces monopoles doivent être démantelés, comme cela vient d’être fait au Mexique par le parti de la révolution démocratique qui vient d’accéder au pouvoir. »

« Les entrepreneurs sont des révolutionnaires, et ils dérangent. »

« Ne perdez pas votre temps en Europe, allez voir ce qui se passe dans les pays émergents, où les 30 glorieuses, c’est aujourd’hui ou demain. En Inde, le premier pays où nous nous sommes développés à l’international, nous avons devant nous 30 ou 40 ans de croissance. Greffons-nous sur cette énergie incroyable qui règne dans ces pays, qui montrent en outre un appétit immense pour nos compétences et notre expérience. »

Réussir un pitch

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Photo : Mortimer de Valence

 

Eric Marty (Emertec)

« Le maître mot d’un pitch réussi, c’est l’ambition, celle de l’entrepreneur et celle de son projet. »

Olivier Dupont (Demeter)

«  Ce qui fait le succès d’un pitch, c’est la tête de l’entrepreneur. Mais aujourd’hui, ils sont tous un peu formatés pour faire de bons pitchs, mêlant les aspects technologiques et business. »

Développer sa start-up

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S. Savel. Photo : Mortimer de Valence

Stéphanie Savel (DDIDF)

« Toutes les start-up ont besoin de partenariats, car les créateurs ne peuvent pas tout faire. Les structures publiques, parapubliques ou privées dédiées à la création sont donc indispensables. Mais il y a un vide sur l’accompagnement post-création. »

« Le nerf de la guerre, c’est évidemment l’argent, mais ce sont surtout les clients. Et ça n’est pas si facile d’en trouver pour une start-up. »

« Les investisseurs ont parfois du mal à comprendre que l’innovation n’est pas seulement dans la technologie mais aussi dans l’usage. »

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Photo : Mortimer de Valence

 

 

 Olivier Dupont (Demeter)

« La principale qualité pour développer une start-up, notamment en France, c’est la flexibilité, qui permet d’adapter son business model aux évolutions de la réglementation, totalement impossibles à anticiper. »

 

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Photo : Mortimer de Valence

Stéphanie Savel (DDIDF)

« La première difficulté qui menace sur les start-up, c’est le manque de financement et de trésorerie. Pour la surmonter, il faut toujours penser trois coups à l’avance, comme aux échecs, et préparer une vraie stratégie de financement. »

« Les start-up qui réussissent reposent sur l’alchimie d’une équipe. »

 

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Photo : Mortimer de Valence

« L’agilité et le fait de la préserver est un facteur clé de succès pour les start-up, et les fonds ont un rôle fondamental à jouer, car plus on est nombreux, plus il devient difficile de prendre des décisions. »

« L’ambition est essentielle, il faut penser grand et large dès le début. L’égo de l’entrepreneur est le moteur de la start-up même s’il ne doit pas être sa boussole. En même temps, il faut savoir faire preuve de modestie et s’appuyer sur des partenaires grands comptes, qui nous permettent d’accéder beaucoup plus rapidement au marché. »

« Il faut choisir ses batailles et s’y tenir. »

Thierry Lepercq, fondateur de Solairedirect

« L’une des clés de la réussite, c’est la ténacité. Chez Solairedirect, nous avons exactement la même vision depuis le début : rendre l’énergie solaire accessible à tous et compétitive. »

«  Nous sommes maintenant 250 chez Solairedirect, et les 7 fondateurs sont toujours là. La solidarité et la transversalité de l’équipe sont essentielles, dans un esprit d’ouverture sinon on devient une secte. »

«  Quand on créé une entreprise, c’est d’abord parce qu’on est passionné. La passion et l’enthousiasme partagés sont des clés de la réussite. »

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L. Arthaud. Photo : Mortimer de Valence

 

Laurent Arthaud (Bpifrance)

« En tant qu’investisseur, j’ai été alerté par trois idées clés énoncées au cours de cette soirée : la vision, c’est-à-dire quels marchés adresser, voire agresser, et comment ? la nécessité de choisir ses combats, puisqu’on ne peut pas tout faire et qu’il faut préserver son énergie et l’énergie collective ; enfin l’ambition, celle qui pousse à vouloir avancer sur des marchés parfois hostiles, voire fermés. »