Siemens relance son projet de hub britannique dédié à l’éolien offshore (Premium)

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Green Port Hull, dessin d’artiste

Annoncé pour la première fois en janvier 2011, le projet de Siemens d’installer un hub industriel dédié à l’éolien offshore sur le port britannique de Hull, dans le Yorkshire, est enfin sur les rails. Mis en veille depuis 18 mois, il prend corps avec la signature, annoncée ce mardi, d’un contrat avec Associated British Ports (ABP) pour un investissement conjoint de ...

310 millions de livres (370 M€).

1000 emplois directs

Le projet industriel de Siemens se décomposera en deux sites situés sur l’estuaire du fleuve Humber, à une dizaine de kilomètres l’un de l’autre.

Le premier, baptisé « Green Port Hull » accueillera sur le port de Hull un pôle d’assemblage, de logistique et de maintenance. Le deuxième, situé à Paull, hébergera la première usine de Siemens entièrement dédiée à la fabrication des pales de 75 mètres qui équipent sa turbine SWT-6.0-154 de 6 MW. La capacité de production annuelle n’a pas encore été dévoilée.

Siemens investira 160 millions de livres sur les deux sites (190 M€) tandis que ABP a débloqué un budget de 150 millions de livres(180 M€), uniquement dédié à l’aménagement de Green Port Hull. L’aménagement du port devrait être achevé d’ici le début de l’année 2016, tandis que l’usine entrera en fonction l’été suivant, a indiqué Siemens dans un communiqué. Le projet devrait créer quelque 1000 emplois directs : 550 à l’usine de pales et environ 450 à Green Port Hull.

Tensions apaisées entre les industriels et l’État

Siemens avait annoncé la mise en sommeil de son projet britannique en octobre 2012, dans la foulée d’un important plan d’économies. Par la suite, le bras de fer entre le gouvernement Cameron et les industriels en matière de politique énergétique ont encore retardé sa décision.

Les ébauches de réforme du subventionnement britannique aux énergies renouvelables publiées  l’été dernier entérinaient une baisse du tarif d’achat pour l’éolien offshore, de 155£/Mwh aujourd’hui à 135£ en 2018, jugée trop sévère par les acteurs de la filière. Le couperet n’a pas tardé à tomber : dans le courant de l’hiver, pas moins de trois projets de parc éolien offshore ont été gelés ou abandonnés au Royaume-Uni. L’énergéticien Centrica a jeté un premier pavé dans la marre en annonçant le gel de son projet Race Bank (580 MW), faute de subventions suffisantes. RWE a également rendu public son désengagement du projet Atlantic Array (1,2 GW), de même que ScottishPower, qui a décidé d’arrêter les frais sur celui d’Argyll Array (1,8 GW).

Repère : L’offshore se grippe au Royaume-Uni – Novembre 2013

Cédant aux pressions, le gouvernement a présenté une version finale du National Infrastructure Plan limitant la baisse des tarifs à 140 £/MWh (168,75 €). Une concession à l’éolien marin intégralement financée par une baisse plus importante des subventions à l’éolien terrestre et au solaire.

Entre-temps, le ministre anglais de l’Énergie et du Changement climatique, Greg Barker, s’est agacé de voir les acteurs de l’éolien offshore profiter de la croissance du marché britannique sans s’implanter localement. Premier visé, Siemens avait été sommé de relancer son projet d’usine à Hull. Le turbinier allemand, leader dans l’éolien offshore et onshore au Royaume-Uni produisait jusqu’ici ses éoliennes au Danemark.

Repère : Le ministre anglais de l’Energie met la pression sur Siemens -Septembre 2013

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