La pionnière des algues Solazyme cartonne en Bourse (Premium)

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(Actualisé avec option de surallocation) Toute première entreprise de biocarburants à base d’algues à se coter en Bourse, Solazyme a fait des étincelles sur le Nasdaq de New York  : le 29 mai, la société relevait encore son prix d’émission et finalement levait 198 millions de dollars, bien plus que les 100 millions prévus au départ. Mieux encore, l’action a grimpé de 15% au premier jour de cotation. Dans la foulée, après option de surallocation, Solazyme a finalement levé 227 millions de dollars.

Star américaine du secteur émergent des biocarburants à base d‘algues, généreusement financée par ses investisseurs, Solazyme avait initialement ...

déposé en mars dernier un dossier d’introduction pour réaliser une levée de fonds de 100 millions de dollars. Puis mi-mai, le groupe avait relevé ses ambitions en annonçant une fourchette de 15-17 dollars, pour une IPO  de 150 à 184 millions $. Finalement, vendredi le prix d’émission a atteint 18 dollars, et après surallocation Solazyme a pu récolter 227 millions $ et de se valoriser à plus d’un milliard de dollars.

Au premier jour de cotation vendredi, la société a vu son cours grimper jusqu’à 22 dollars avant de clôturer 20,71 $ en fin de séance. De quoi réjouir ses actionnaires, dont The Roda Group, qui détenait 29,4% de Solazyme avant l’IPO, ses cofondateurs Harrison Dillon et Jonathan Wolfson qui détenaient environ 9% chacun, le fonds Braemar Energy Ventures qui en possédait 10,6%,  Lightspeed Venture Partners (6%) et The Fiddler Group (7,7%).

Solazyme a fait nettement mieux que les deux autres sociétés de biocarburants de 3ème génération introduites à Wall Street l’an dernier, Amyris et Gevo. (Voir Repère : fortune et déceptions des cleantech en Bourse)

Le succès de Solazyme en Bourse est une étape-clé pour convaincre les financiers du potentiel de ce secteur qui commercialement est encore inexistant. D’ailleurs Solazyme ne prévoit de commercialiser des biocarburants à base d’algues que dans deux ou trois ans, et a préféré se focaliser en premier lieux sur les produits chimiques ou cosmétiques.

Ingrédients et cosmétiques pour démarrer

Créée en 2003, Solazyme a encaissé en 2010 un chiffre d’affaires de 37,97 millions de dollars mais avec une perte de 16,28 millions de dollars. En 2009, ses recettes avaient atteint 9,16 millions et ses pertes 13,67 millions. Au total, Solazyme a accumulé des pertes de 52,8 millions. La société pouvait se le permettre : depuis sa création elle a levé en capital-risque plus de 125 millions de dollars, auprès d’investisseurs comme le fonds de Chevron, Morgan Stanley, le groupe Virgin de  Richard Branson sans oublier Unilever, qui cherche à remplacer l’huile de palme par des produits à base d’algues.

Les applications premières des huiles de Solazyme sont l’alimentaire, la cosmétique et les produits chimiques. Le groupe espère commercialiser ses algues pour 2013 à un prix de 60 à 80$ le baril, mais devra pour cela construire une usine qui lui coûtera plus de 100 millions de dollars.

Solazyme fait croître les micro-algues qu’elle a conçues, dans des conteneurs fermés puis en extrait l’huile. Ses concurrents aux Etats-Unis sont d’autres start-up qui, pour certaines, sont comme lui puissamment financées, comme Sapphire Energy, soutenue par Bill Gates, Synthetic Genomics, largement financée par ExxonMobil. Comme Solazyme, elles ne sont pas encore parvenues au stade commercial pour les biocarburants.

Solazyme a produit pour l’instant 500.000 litres d’huile d’algues en 2010 mais les fonds de l’IPO lui permettront de doper sa production.

Atout de poids, Dow Chemical a signé en mars une lettre d’intention où il s’engage à utiliser 76 millions de litres d’huile d’algues de Solazyme en 2013 et jusqu’à 230 millions en 2015, des quantités colossales qui peuvent faire changer d’échelle Solazyme. La jeune société américaine a aussi tissé des liens avec le français Roquette, l’un des leaders mondiaux des ingrédients alimentaires.