2010, année charnière pour le bâtiment écologique ?

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Swimming pool c.a. Amsterdam West - green building - Sportplaza Mercator. Architectural design by Venhoeven CS.
Amsterdam West - Sportplaza Mercator. Architectural design by Venhoeven CS

La tendance écologique dans la construction et la réhabilitation du bâtiment devrait se confirmer en 2010. Des études américaines pointent la forte croissance à venir du marché à l’horizon 2013-2015. Son développement sera davantage soutenu par des intérêts économiques que par une exigence environnementale.

Projections optimistes aux Etats-Unis

Le « bâtiment vert » pourrait ainsi représenter près de 50 % du parc non résidentiel aux Etats-Unis en 2015, contre 15% environ aujourd’hui. C’est ce que révèle une étude du fonds de capital-risque Good Energies, citée par le Wall Street Journal.

Le cabinet américain McGraw-Hill Construction confirme cette tendance. En octobre dernier, il estimait que la part des réhabilitations vertes pourrait atteindre 20 à 30 % du marché américain de la réhabilitation (sur les grands projets) dans les cinq ans à venir, contre 5 à 9% aujourd’hui. Il grimperait ainsi entre 10,1 et 15,1 milliards de dollars en 2014, contre 2,1 à 3,7 milliards de dollars en 2009.

Coût à la baisse, retour sur investissement à la hausse

Malgré la nécessité de construire des bâtiments plus respectueux de l’environnement, les leviers seront avant tout économiques et financiers.

Mi-2009, une autre étude américaine soulignait que le surcoût d’un bâtiment écologique n’était que de 2% par rapport à un bâtiment traditionnel. A cela s’ajouterait une réduction de 33% de la consommation énergétique et l’amélioration du cadre de vie des occupants.

McGraw-Hill Construction va plus loin en détaillant les motivations des propriétaires. 76% d’entre eux sont avant tout intéressés par la réduction des coûts, 64% par le retour sur investissement élevé et 60% par la satisfaction de leurs locataires. Un argument qui joue aussi dans le tertiaire :  71% des employés seraient plus satisfaits dans des bâtiments verts… et donc plus productifs.

Valorisation supérieure du bâti vert

La valorisation du bâtiment vert sera également un élément déterminant. La valeur d’un actif immobilier aux caractéristiques écologiques va devenir peu à peu supérieure à celle d’un bâtiment traditionnel.

Enfin, en 2010, les pouvoirs publics vont constituer un autre moteur du marché, aux Etats-Unis comme en France, avec des incitations financières et des contraintes réglementaires pour promouvoir le bâtiment durable.

Encore émergents en 2009, les équipements éco-efficients bénéficieront de cette dynamique : systèmes de chauffage et de ventilation propres, équipements d’isolation ou encore systèmes d’économie d’eau et logiciels de gestion énergétique. Sur le devant de la scène également les biomatériaux et la végétalisation du bâti.

Alexandre Simonnet