Bon cru des meilleures start-up françaises des cleantech

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fredericDe vraies ruptures technologiques, une stratégie de propriété industrielle, des business models aboutis, davantage d’ambitions… Frédéric de Ligondés, associé de Mar-Tech & Finance et organisateur de Capital-4E, nous livre son analyse sur les start-up des cleantech sélectionnées les 17 et 18 février pour Capital-4E, la conférence de la valorisation de la recherche, du financement et de l’entreprenariat pour l’Eco-innovation (*).

GreenUnivers : combien de start-up seront-elles présentées lors de l’édition 2009 de Capital-4 E ?

Nous avons reçu 48 dossiers. Après sélection, 18 sociétés ont été retenues et se présenteront aux investisseurs présents à Capital-4 E. C’est beaucoup moins qu’en 2008, où nous avions reçu 80 dossiers. Mais sur le plan qualitatif, l’évolution est nette : l’année dernière, nous avions beaucoup de projets flous, avec une preuve du concept pas toujours faite et un business model très hasardeux. Cette année, les dossiers sont moins nombreux mais beaucoup plus matures : il y a de vraies ruptures technologiques, la preuve du concept est faite, la stratégie de propriété industrielle définie, le business model plus abouti… Et du coup, ce sont des projets plus ambitieux : ces jeunes sociétés, qui ont entre 1 et 5 ans d’existence, cherchent à lever de 800 000 à 10 millions d’euros. Certaines ont déjà fait une première levée de fonds, la plupart via des business angels.

GU : quels sont les principaux secteurs représentés ?

Nous avons une grande variété, avec plusieurs sociétés dans les énergies propres et les biotechs. Mais cette année, deux secteurs sont particulièrement en pointe : les logiciels et détecteurs dédiés à la gestion de l’énergie, avec 5 start-up prometteuses, et la mobilité durable avec, par exemple, des offres de partage de véhicules électriques. Les technologies sont au point, les réseaux s’organisent sur le territoire avec souvent l’appui de collectivités ou de grandes entreprises comme ADP ou la SNCF. Nous avons aussi sélectionné des dossiers dans l’agriculture, par exemple une société proposant un nouvel outil d’analyse des sols.

GU : qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans l’étude des dossiers ?

La qualité de la maîtrise entrepreneuriale des créateurs. La plupart sont des ingénieurs mais ils ont une très bonne appréhension de leurs besoins financiers, des coûts, des taux de retour sur investissement… C’est une autre différence par rapport à l’année dernière, où les porteurs de projets découvraient le monde des investisseurs.

GU : ces jeunes entreprises peuvent-elles espérer trouver des fonds malgré la crise ?

Il y a toujours de l’argent pour les beaux projets, malgré la crise. On voit très bien que la chaîne de valeur autour des cleantechs est en train de se mettre en place en France. Nous aurons près de 40 investisseurs présents à la conférence cette année, c’est un record. Et aussi pour la première fois de grands industriels qui s’intéressent à ce secteur, comme la SNCF, Rhodia, EDF… Entre les laboratoires de recherche, les jeunes sociétés, les grands groupes et les institutionnels, tout le monde se met en ordre de bataille pour développer les éco-activités en France.

* : Capital-4E, dont GreenUnivers est partenaire, se déroule les 17 et 18 février à Versailles. La chaire « Generating Eco-Innovation » montée par le Pres UniverSud Paris y sera officiellement lancée.