Batteries, efficacité énergétique, Chine…. Quelques prévisions pour les cleantech en 2009

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Les nouvelles venues auront moins facilement de l’argent, davantage feront faillite, mais de nombreuses sociétés des cleantech devraient connaître une année faste en 2009, notamment dans les secteur des batteries, de la gestion de l’énergie ou encore de l’efficacité énergétique. C’est ce que prévoient pour 2009 à la fois le fonds d’investissements Lightspeed Ventures et le réseau Cleantech Group, tout comme le manager de fonds berlinois Bart Markus.

Le fonds américain Lightspeed Venture Partners, qui a fait nombre d’investissements dans les cleantech, a annoncé cinq prévisions pour les cleantech en 2009 (détaillées sur leur site). En résumé, il prévoit :

  1. Les fonds de financement pour les cleantech vont ralentir notablement, forçant les start-up à rechercher d’autres moyens de croître.
  2. Les entreprises vont se retrouver sous une pression accrue pour réaliser des économies de leur structure de coûts.
  3. Les investisseurs vont beaucoup plus s’intéresser au stockage de l’énergie, surtout pour l’automobile et les applications à grande échelle. Selon le site financier Motley Fool, cela pourrait bénéficier à des firmes comme A123 (batteries pour appareils nomades et automobiles) ou à Altair Nanotechnologies.
  4. Les gouvernements vont jouer un plus grand rôle dans le développement des cleantech, sous l’influence des législations de plus en plus favorable au secteur, peut-être à travers des fonds d’investissements souverains.
  5. Les cleantech vont devenir matures en Chine.

Voir ici une présentation plus complète (cliquer ici pour démarrer la présentation)

De son côté le Cleantech Group a lui publié 9 prévisions ;

1.  Boom de la recherche d’efficacité énergétique, qui sera le moteur de nouveaux emplois verts et de travaux d’infrastructures, et le point commun d’une bonne part des investissements.

2.  Pas de progrès réel sur la question du climat – rien de concret n’aura lieu avant 2011-2012

3.  Adoption aux Etats-Unis d’un objectif national de proportion des énergies renouvelables, mais il faudra attendre 2010 pour que le Congrès adopte un système de limitation et d’échange des droits d’émissions du CO2 (prévu dans le programme de Barack Obama).

4. Rebond en Bourse pour les sociétés du secteur éolien, actuellement malmenées, mais en revanche retour à la réalité pour le solaire à couche mince, où se sont précipités les investisseurs ces derniers mois, avec des consolidations et des faillites à prévoir.

5.  Les investissements mondiaux de capital-risque dans les cleantech se stabilisent à 7 milliards de dollars, en léger déclin par rapport aux 8 milliards attendus pour 2008.

6. Doublement du taux de faillites des start-up émergentes dans les cleantech, qui passera de 20% à environ 40%, car les investisseurs se concentreront sur les moins gourmandes en capital ou les plus prometteuses, au détriment des autres.

7.  Les entreprises du secteur des technologies de l’information et du high-tech se tournent vers les marchés de l’énergie – comme se sont déjà positionnés des groupes comme IBM, Autodesk, Cisco, Intel ou Applied Materials. Ils s’intéresseront notamment aux secteurs de la gestion de l’énergie, de la réduction des émissions dans la supply chain et aux nouveaux matériaux pour les cellules solaires.

8.  Stagnation de la R&D mais vague de rachats d’actifs « verts » par les grands groupes, à l’image du rachat de Sanyo par Panasonic en novembre, réalisé surtout à cause de la place de Sanyo dans les batteries et les cellules photovoltaïques.

9.  Les relations entre énergie, eau et nourriture se cristallisent. Les entrepreneurs intelligents qui s’occuperont de résoudre ces trois problèmes à la fois seront les grands gagnants.

Quant à Bart Markus, interrogé sur Venture Beat, il pense que les cleantech sont « à l’épreuve de la récession » pour plusieurs raisons, et lui aussi prédit un tarissement d’argent (mais selon lui surtout pour les sociétés déjà matures) et une plus forte pression sur les start-up émergentes pour dégager du cash. Voici les raisons de son optimisme de fond :

1. Toutes les prévisions sont en hausse, et même la très prudente Deutsche Bank pronostique une croissance de 20% du marché du solaire en 2009.

2. Les cleantech ne sont pas encore un marché mature, et elle pourraient entraîner des sauts technologiques exceptionnels, comme l’idée d’un réseau électrique qui apporterait à l’Europe l’énergie solaire du Sahara, ou des super-batteries pour stocker l »énergie.

3. Les cleantech génèrent de l’énergie qui fait baisser les coûts.

4. Les cleantech sont très ardemment et très largement soutenues politiquement, avec par exemple une généralisation en Europe des tarifs de rachats préférentiels pour les particuliers qui installent de l’éolien ou du solaire, mesures que va bientôt adopter aussi la Grande-Bretagne.