La petite phrase d’Obama sur la « faillite du charbon »

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Dans une interview en janvier au San Francisco Chronicle, Barack Obama avait frappé fort, en décrivant une politique anti-CO2 qui ferait en sorte, grâce à des taxes sur le premier gramme de CO2 émis, que « si quelqu’un veut bâtir une centrale à charbon, il pourra mais (avec ma politique) il fera faillite car il sera taxé de grosses sommes pour tous ces gaz à effet de serre qu’il émet ».

Cette petite phrase ne figurait pas dans l’article du SF Chronicle, mais uniquement dans la vidéo de l’interview, qui a été ressortie fort opportunément par ses adversaires républicains le 3 novembre, à la veille du scrutin. Et a fait un tabac sur YouTube, d’autant que Barack Obama était en train de gagner des voix dans les Etats américains producteurs de charbon, comme l’Ohio et la Pennsylvanie, des Etats clés où il a gagné mardi soir.

Sa phrase a déclenché une série d’attaques de John McCain et Sarah Palin, qui ont accusé Barack Obama de vouloir mettre au chômage les nombreux salariés qui travaillent dans le secteur du charbon (qui fournit 55% de l’électricité des Etats-Unis).

Mieux encore, dans les « Etats du charbon » comme la Pennsylvanie, le Parti républicain a lancé des appels téléphoniques automatiques aux électeurs (des « robocalls ») qui rediffusaient en boucle la petite pharse d’Obama. Et les blogs anti-Obama n’ont cessé d’appeler tous ceux qui travaillent dans le charbon à méditer cette phrase avant de voter.

L’affaire du charbon a ainsi été la toute dernière attaque d’envergure contre Obama juste avant le scrutin.

En fait, à regarder l’interview complète, elle est plus nuancée, et reconnaît que les Etats-Unis auront du mal à se passer de charbon. Obama déclare qu’il faut essayer de faire du charbon sans émissions de CO2, et que si ce n’est pas possible, il faudra explorer d’autres voix.

Mais globalement, il décrit une politique « anti-CO2 » plus agressive que cela ne s’est jamais fait nulle part (voir ses objectifs pour une économie plus « verte »). Dont acte.